Décision d’extradition vers le Rwanda pour
Claver KAMANA.
La Chambre d’Instruction de la Cour
d’Appel de Chambéry vient de se prononcer en faveur de l’extradition vers
leRwanda de Claver KAMANA, un présumé
génocidaire rwandais qui vivait à Annecy depuis plusieurs mois. Il s’agit là
d’une « première » pour la justice française, et cette décision ne
peut que réjouir tous ceux qui luttent pour que justice soit rendue et qui pensent
qu’il est important que le criminel soit jugé le plus près possible du lieu
où il a commis ses forfaits. C’est une demande récurrente de la part des
rescapés qui vivent au Rwanda. D’autre part, en répondant positivement à la
demande de la justice rwandaise, la justice française prend le contrepied de
tous ceux qui estiment que le Rwanda n’est pas capable d’appliquer une
véritable justice.
Photo (de gauche à droite) Agathe Kanziga, Claver
Kamana et Callixte Mbarushimana.
Cette décision est prise un jour après
que l’on eut appris qu’une information judiciaire était ouverte à l’encontre
de Madame Agathe KANZIGA HABYARIMANA, veuve du président mort en 1994, et à
l’encontre d’Eugène RWAMUCYO, ancien directeur du Centre de Santé de Butare
pendant le génocide, réfugié en France depuis de nombreuses années. Ces
informations judiciaires font suite à deux plaintes déposées par le Collectif
des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) le 13 février et le 15 avril 2007.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le parquet « a
diligenté une enquête préliminaire » contre Callixte MBARUSHIMANA,
secrétaire exécutif des FDLR, toujours à la suite d’une plainte déposée
récemment par le CPCR.
A ce jour, dix plaintes sont donc sur
le bureau des juges d’instruction parisiens, Mesdames POUS et GANASCIA. Reste
à savoir maintenant si la justice française donnera aux juges en charge des
dossiers les moyens de les instruire. Lors d’une conférence de presse en
décembre dernier, les associations parties civiles (CPCR, FIDH, LDH et
Survie), par la bouche de leurs avocats, ont déjà eu l’occasion de demander
la création d’un pôle d’enquêteurs, comme cela existe dans d’autres pays
européens. Cette demande est de plus en plus d’actualité et, pour être
crédible, la justice française devra bien dégager de vrais moyens afin que
plus aucun génocidaire qui a trouvé refuge en France ne continue à vivre dans
l’impunité. Les parties civiles ne pourront pas attendre beaucoup plus
longtemps.
Le CPCR n’aura de cesse d’exiger des
responsables judiciaires de notre pays que justice soit rendue aux victimes
du génocide perpétré au Rwanda en 1994. A l’heure où l’on s’apprête à
célébrer la quatorzième commémoration du génocide des Tutsi, il est grand
temps que la justice française prenne sa part, comme elle s’y est engagée,
dans l’établissement de la vérité. Le 7 avril, journée internationale de
réflexion sur le génocide perpétré au Rwanda, il ne faudrait pas que la
flamme olympique qui va sillonner les rues de la capitale française mette
sous le boisseau les flambeaux qui seront allumés en mémoire des victimes
innocentes du génocide.