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Attentat contre HABYARIMANA: une note de la DGSE qui accuse BAGOSORA et SERUBUGA

En portant à la connaissance du public une note de la DGSE déclassifiée en 2015,  Médiapart et France Inter ont au moins eu le mérite de rappeler ce qui est pour nous une évidence: BAGOSORA (condamné par le TPIR, à perpétuité en première instance puis d’une manière incompréhensive, à 35 ans de prison en appel) et SERUBUGA sont les commanditaires de l’attentat qui a éliminé le président HABYARIMANA et plongé le Rwanda dans un bain de sang.

Le second intérêt de cet article est de rappeler que cette note était connue des plus hauts responsables politiques et militaires de notre pays, eux qui ont toujours nié l’évidence. Nous avons donc affaire à une mensonge d’Etat, à un « enfumage » lourd de conséquences. Monsieur VEDRINE aura beau dire maintenant qu’il y avait « des tas de notes, d’origines diverses envisageant les deux hypothèses », il  a toujours clamé haut et fort que le FPR était responsable de cet attentat. Nos responsables de 1994 savaient la vérité, ils ont tout fait pour la cacher, pire encore, pour l’habiller de mensonges.

Un troisième point à souligner. L’article de Médiapart et de France Inter met nommément en cause, non seulement le colonel BAGOSORA, considéré depuis le début comme le « cerveau » du génocide, mais aussi Laurent SERUBUGA, ex-chef d’Etat-major adjoint de l’armée rwandaise (les FAR), réfugié en France dans la région de Cambrai et visé par une plainte pour génocide. La clôture de l’instruction dans cette affaire a été prononcée et nous attendons toujours une suite. Il ne faudrait pas oublier toutefois que le colonel SERUBUGA est né en 1936 et nous craignons fort que, comme Claver KAMANA, il disparaisse sans avoir été jugé.

Enfin, concernant madame Agathe KANZIGA, la veuve éplorée du président défunt, on la présente souvent comme « l’un des principaux cerveaux de la tendance radicale du régime. » Or, cette ancienne première dame, elle-même poursuivie en justice suite à une plainte du CPCR datant de 2007, elle continue à couler des jours heureux dans sa villa de Courcouronnes. Il lui a été refusé le statut de réfugiée et elle n’a pas obtenu de permis de séjour, ce qui fait d’elle la plus célèbre des sans papiers. De plus, qui aurait intérêt à ce qu’elle soit jugée? Certainement pas les responsables politiques et militaires français de 1994!

Quant à la fourniture d’armes aux forces génocidaires en dépit de l’embargo, ces « poissons frais » livrés aux réfugiés du Zaïre, longuement évoquée dans ce papier, laissons à la justice le soin de faire la clarté, même si l’amiral LANXADE n’a rien vu, tout occupé à sa « mission d’arrêter les massacres »! Une plainte a été déposée contre BNP Paribas par l’association SHERPA, le CPCR et Ibuka et est toujours à l’instruction.

La note de la DGSE mériterait bien d’être prise au sérieux et relayée par les médias , ne serait-ce que pour ouvrir les yeux de tous ceux qui ont pu se laisser berner par les mensonges sur un attentat que l’on présente souvent comme « l’élément déclencheur » du dernier génocide du XXème siècle, le génocide des Tutsi du Rwanda. Occasion aussi de dénoncer toutes les tentatives négationnistes qui ont cours en Occident.

Des personnes soupçonnées d’avoir participer au génocide des Tutsi vivent sur le sol français, réfugiés ou naturalisés: ils doivent rendre des comptes à la justice des hommes.

 

Alain GAUTHIER, président du CPCR

 

A revoir sur France 24, 6 février 2019 :

 

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