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Plaidoirie de maître Simon pour Survie.

Plaidoirie de maître Simon pour Survie.

Maître Simon commence par reconnaître qu’il partage les positions des deux avocats qui ont plaidé avant lui. Même si c’est difficile d’être là, il a des choses à dire.

Ce génocide des Tutsi est une étape importante pour l’association Survie. Et de remercier Laurence Davidowich qui l’a beaucoup épaulé dans la préparation de ce procès. Survie étant une association de jeunes citoyens bénévoles engagés, même si l’ombre de Jean Carbonare plane encore, sa présence comme partie civile dans ce procès est tout à fait légitime. D’autant que monsieur Carbonare était un des membres éminents de la commission des droits de l’homme qui s’étaient rendus au Rwanda début 1993 pour dénoncer les crimes perpétrés, déjà, contre les Tutsi.

Maître Simon rappelle que ce procès n’est ni le procès du génocide, ni celui di TPIR, ni encore celui de Bagosora ou de monsieur Zigiranyirazo, c’est le procès de Simbikangwa.

L’avocat de Survie se présente non comme « un expert, ni comme in chercheur ou un historien », mais comme « un citoyen » qui a besoin de donner son ressenti, un ressenti « accablant pour Simbikangwa ».

Dans un procès, la parole est essentielle. Mais ici, le silence était pesant, « le silence des victimes, celui des morts anonymes. » Si maître Simon prend la parole, « c’est pour ceux qui ne l’ont pas eue. » Et de reconnaître que Simbikangwa a eu cette parole tout en soulignant « la patience folle de la cour ». Simbikangwa a bien eu la possibilité de se défendre.

Les éléments à charge reposaient en grande partie sur les témoignages. Les réponses de l’accusé ont beaucoup choqué : les témoins auraient été tous « travaillés », ils seraient venus « pour faire une récitation », ce ne sont «  pas des hommes libres ». Et pourtant, les éléments les plus à charges sont venus de ceux que Simbikangwa prétend avoir sauvés ! Il n’existe aucune preuve de pression sur les témoins.

Maître Simon souhaite revenir sur plusieurs points qui lui paraissent importants.

–          L’autorité de Simbikangwa : elle ressort des débats alors que le capitaine veut nous faire croire le contraire. C’est une position qui ne tient pas la route. Simbikangwa avait une totale liberté de circuler, il lui suffisait de se montrer pour passer les barrières où on lui obéi.

–          Simbikangwa avait une parfaite conscience de l’épuration ethnique sui se passait aux barrières. Et ce n’est pas en affirmant qu’il a sauvé des Tutsi, qu’il a de la famille tutsi que ce dernier va nous convaincre. « Sauver un Tutsi était une tactique, une stratégie », ajoute l’avocat. Et que dire du fait que le protégé du capitaine, Pascal Gahamanyi, n’était tranquille que quand Simbikangwa et ses gardes n’étaient pas là !

–          La personnalité de Simbikangwa s’articule autour du déni. Des morts, il n’en a pas vu ! Et pourtant, près de cent mille à Kigali ! Simbikangwa en aurait dénombré trois à Gisenyi ! Et encore, c’est ce qu’il a appris plus tard ! Il y a chez Simbikangwa « l’impossibilité de reconnaître la réalité : pour lui, le génocide, « c’est tuer et effacer les traces ». De toute façon, les victimes hutu sont « plus nombreuses que les victimes tutsi ! » Grâce à la lecture du livre de Ruzibiza (informateur du juge Bruguière dont l’ordonnance a été discréditée, ndlr), Simbikangwa a compris qu’il y avait eu un génocide. Mais c’était quand il était à Mayotte, en 2008 ! Pire, Simbikangwa s’étonne de ne pas être considéré comme un « Juste » !

Tout cela ne cadre pas avec sa personnalité. Sa haine du FPR est plus forte que tout. Et d’affirmer que « Simbikangwa est coupable des faits qu’on lui reproche. »

En conclusion, maître Simon anticipe sur ce que le président dira aux jurés avant de partir en délibération en faisant appel « à leur intime conviction », l’intime conviction de « chacun des jurés ». La décision est entre leurs mains.

 

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