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Procès en appel de Ngenzi et Barahira. Jeudi 7 juin 2018. J 21.

 

Interrogatoire de Octavien NGENZI (suite [1])

Maître LAVAL prend la parole et revient sur la journée du 8 avril. NGENZI a pris la décision de ne pas se rendre à la réunion organisée par le préfet. Mais connaît-il les instructions qui ont été données ?

L’accusé n’a pas entendu la convocation des bourgmestres à la radio : il avait décidé de se rendre à Rubira. Il se serait rendu chez le préfet, le soir, à son domicile, après être passé par l’hôpital. Mais il est incapable de donner les instructions données. Maître LAVAL va les lui rappeler en se référant au jugement de GACUMBITSI, le bourgmestre de Rusumo, au TPIR.  Selon l’accusé du TPIR, « chaque bourgmestre a fait le point sur la sécurité dans sa commune. » Aucun problème à Rusumo. Mais les consignes données aux bourgmestres ont été précises :

  • Assurer la sécurité en organisant des réunions.
  • Instaurer un couvre-feu.
  • Organiser des rondes nocturnes avec participation de la population.

Ces décisions, claires, ont été diffusées sur Radio Rwanda.

NGENZI de répondre qu’il devait s’exécuter et tente de se justifier. Il manquait de moyens pour appliquer ces instructions. Son choix a été d’aller « calmer les têtes chaudes » là où il y avait de l’insécurité. Il a sauvé RUKINGA.

Maître LAVAL se voit obligé de lui rappeler qui était Godefroid RUZINDANA : membre du PSD, Hutu modéré, considéré comme un complice du FPR qui avait été emprisonné 9 mois en 1990. Il était hostile au génocide, a été destitué et l’a payé de sa vie, lui et toute sa famille.

Qu’a fait l’accusé le 8 avril ? Il est intervenu là où on lui a demandé de venir. Il a utilisé la police communale, demandé la réquisition des forces armées. « Les tueurs étaient des chiens enragés ! Les chiens enragés, on les tue. Mais les hommes ? Est-ce que je pouvais les tuer ? »

Maître LAVAL d’insister : « Non seulement vous ne prenez aucune mesure de protection mais, pire, vous êtes opposé aux rondes ! »

Faisant allusion aux accusations adressées à BARAHIRA, « organiser une réunion était un crime ! Jamais je ne pouvais refuser d’appliquer les instructions. J’ai calmé la population là où je suis allé. Quant aux rondes, ceux qui ont organisée l’auto-défense civile ont été condamnés. J’avais peur de réunir les Hutu et les Tutsi ! » (NDR. NGENZI confond rondes et auto-défense civile ! Il sait bien ce qu’il fait.)

A maître LAVAL qui lui fait remarquer que ne pas mettre en pratique les instructions lui fait porter de lourdes responsabilités dans les massacres de l’église, NGENZI proteste : « Pas du tout. Je comptais aussi sur les forces unies des Tutsi qui se sont défendus. Je ne pouvais pas combattre les FAR ! »

Maître ARZALIER interroge l’accusé sur le sort réservé à la famille KAJANAGE. NGENZI reconnaît avoir revu son ami une fois au bureau communal. Il déclare que KAJANAGE a toujours voulu le salir. Il adopte la chronologie de ceux qui lui en veulent. Pour lui, l’accusation amène l’embrouille dans l’esprit de ceux qui vont les juger.

Maître MARTINE fait remarquer au bourgmestre qu’on ne peut comparer la réunion organisée par BARAHIRA (réunion pour inciter à tuer) et une réunion prévue pour protéger les réfugiés. « Ce n’est pas le même type d’organisation : il y a une réunion pour tuer et une réunion pour sauver. » NGENZI ne peut que redire qu’il n’a pas eu les moyens d’arrêter le génocide.

Pourquoi alors ne pas avoir désarmé les assaillants porteurs d’armes traditionnelles ? « Je ne pouvais pas le faire sans risquer ma vie et celle des policiers. »

« Et pourquoi ne pas disposer les policiers autour de l’église ? » insiste l’avocat de la LDH, ce qui pouvait être un signal donné aux tueurs. « Je ne voulais pas priver les réfugiés du peu de liberté qu’ils avaient ! » (NDR. Liberté d’aller et venir, d’aller acheter un peu de nourriture…)

Madame l’avocate générale soumet à son tour l’accusé à une série de questions. Le conseiller et le brigadier ne parlent pas de la réunion du 8 avril ! Le 11, il n’est pas allé à Kibungo mais au bureau communal de Kigarama. Il a ramené du bois de chauffage. « Pourtant, Manassé MUZATSINDA vous a vu ? » insiste l’avocate générale. « Tous les témoins hutu devaient mentir pour avoir une réduction de peine. C’est pour me charger ! » répond l’accusé. Quant aux vaches tuées à Rugenge, contrairement à ce qui disent deux témoins, il n’est pas allé sur place. Simon MUSONI n’est pas venu le voir pour demander de l’aide. A propos de Rubira, INCIMATATA ment : « Comment le saurait-il ? Je ne suis pas allé encourager les Hutu à tuer les Tutsi. D’ailleurs, j’avais sauvé un Tutsi ! » NGENZI se défend comme il peut.

Monsieur l’avocat général cherche à savoir si la réunion du 7 avril était une réunion politique. NGENZI a du mal à s’en sortir. Il évoque la pratique du « Kumuhoza », le débauchage des autres partis à l’époque du multipartisme, mais ne répond toujours pas à la question. Il finit par dire qu’il devait se faire aider par les représentants de tous les partis.

« Et pourquoi pas convoquer le Conseil communal ? » insiste l’avocat général. Les 12 conseillers étaient éparpillés, il était difficile de les réunir. « Mais il n’y avait pas d’urgence », reprend monsieur BERNARDO.  Et comment se fait-il qu’il n’y ait pas de représentant du MRND ? « Je pouvais représenter le parti moi-même. Je recherchais la neutralité. J’étais à la hauteur ! » Pourtant, un représentant du MRND aurait pu canaliser les Interahamwe [2] !

NGENZI était en voiture mais ne possédait pas d’autoradio. Son souci était de circuler dans la commune pour voir sur place ce qui se passait. S’il a déposé RUKINGA entre l’église et la commune, c’est parce que son passager le voulait ainsi. Il ne jouait pas le rôle de taxi mais de secours ! Être allé au Centre de Santé le 10 lui permettait de se renseigner sur ce qui se passait dans tous les secteurs ! Le préfet RUZINDANA n’a joué aucun rôle dans le génocide, il lui a manqué des moyens.

A madame la présidente, il répond qu’il n’a pas vu BARAHIRA entre le 7 et le 12 avril. Ce dernier confirme.

La défense va clôturer la série des questions. A maître BOURGEOT, il confirme qu’il n’a pas participé à une réunion sur le terrain de foot [3]. Il a d’ailleurs du mal à situer ce terrain sur une carte.

Maître CHOUAI tente de voler au secours de son client. Né en 1958, il a connu la persécution contre les Tutsi. D’ailleurs, on l’a pris pour un Tutsi en 1973 ! En 1994, il a bien sûr le souvenir des persécutions antérieurs. Il se souvient évidemment des lieux où se réfugiaient les Tutsi : les églises. S’il conduit les Tutsi à l’église, c’est pour les sauver ? NGENZI confirme. Et l’avocat, en se référant à l’OMA des juges d’instruction, page 10, rappelle que les déplacements de NGENZI n’avaient pas pour but de tuer les Tutsi. Et s’adressant à la Cour : « Gardez à l’esprit les conclusions des magistrats professionnels ! » (NDR. N’empêche que les juges d’instruction ont quand même pris la décision de déférer les deux bourgmestres devant la Cour d’assises. Ils avaient donc de vraies raisons pour prendre cette décision.)

Et de rappeler que NGENZI a sauvé RUKINGA, qu’il a sauvé Pauline NYIRAMASHASHI, qui l’accusera tout de même. (NDR. C’est un argument qu’on retrouve dans tous les procès des personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide : le fait d’avoir sauver un ou plusieurs Tutsi ne peut les exonérer des crimes qu’ils auraient commis !) Selon l’accusé, « après le génocide, on a obligé les rescapés, « on » étant le régime en place, à témoigner contre moi ». L’avocat de poursuivre, se référant toujours à l’OMA, page 28, que le témoignage de Pauline ne vaut rien.

GACUMBITSI [4] ? C’est un témoin qui accuse tout le monde ! Le bloc-notes, tenu entre 2007 et 2009, rapporte à la date du 9 avril une distribution d’armes avec GATETE ? C’est en consultant internet qu’il a noté cela, alors qu’il était à Mayotte. Madame la présidente a beau demander quel intérêt il pouvait bien y avoir à noter cette distribution d’armes, la défense n’en démord pas : ce devait être en vue d’une question éventuelle à la CNDA (Cour Nationale du Droit d’asile).

 

Audition de Paul NGIRABANZI, agriculteur, membre des Abalinda [5].

 

Le témoin revient sur le fameux épisode des « chèvres de TITIRI » [6]. Les massacres ont commencé après l’intervention du bourgmestre.

Puis il évoque la réquisition des habitants de Rubira pour aller enterrer les victimes de l’église et du Centre de Santé. Quatre voitures sont venues les chercher : arrêts pour se procurer pelles et pioches, fossoyeurs répartis en deux groupes un à l’église et un autre au Centre de Santé. Après l’enterrement, une collation était prévue mais il n’a pas le souvenir d’avoir partagé une bière.

Madame la présidente revient sur la condamnation du témoin et les conditions de son interrogatoire par les enquêteurs français. C’est bien lui qui a été interrogé dans une voiture, non parce qu’il avait peur mais parce que les enfants faisaient trop de bruit à la maison.

S’il a participé à l’attaque qui a causé la mort de trois personnes, c’était par obéissance au bourgmestre. Par contre, il n’a pas participé à l’attaque de l’église. Si NGENZI est venu les chercher alors qu’ils se trouvaient dans un petit centre de négoce, c’est parce que les gens de Kabarondo avaient refusé d’enterrer les corps. Il n’était pas question de discuter les ordres de l’autorité. Ils embarquent dans quatre véhicules, une quinzaine de personnes dans chaque voiture. Certains étaient armés de gourdins. Et lui, il était armé ? « Comment voulez-vous que je puisse partir les mains vides ? » (NDR. Difficile d’obtenir des réponses par oui ou non. Question de culture.)

Des victimes, il y en avait partout, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’église, hommes, enfants, femmes dont certaines étaient dévêtues. 150 à 200 estime-t-il. L’enterrement a duré plusieurs heures et NGENZI se tenait tout près de là, à regarder. (NDR. Une centaine de fossoyeurs à jeter les corps pendant près de trois heures ? Le nombre des victimes est évidemment largement sous-estimé !) Ceux qui étaient au Centre de Santé ont achevé les blessés. Le fait que NGENZI ait assisté aux massacres sans rien dire est une preuve qu’il était d’accord.

Pourquoi fallait-il se dépêcher d’enfouir les corps ? Pour que les Inkotanyi [7] ne les trouvent pas en arrivant à Kabarondo. S’installe alors un dialogue de sourds entre la présidente et le témoin. La première souligne les nombreuses contradictions entre la déposition devant les gendarmes français et celle de ce jour devant la Cour. Quand le témoin parle de l’exhumation des corps au Centre de Santé, il évoque le moment où, plusieurs années plus tard, on a rassemblé le corps des victimes pour les enterrer dignement. Madame la présidente voulait parler du jour de l’enterrement au Centre de Santé. Difficile de se comprendre dans ces conditions.

Le témoin dit qu’il n’a pas achevé de blessés. « Et si vous en aviez trouvé ? » demande la présidente. Réponse qui glace le sang : « Je ne les aurais pas épargnées ! »

Maître CHOUAI, un peu découragé, renonce à poser des questions : « On s’incline devant l’inconstance du témoin. »

 

Audition de François NZIGIYIMANA.

 

Le témoin fait partie des gens réquisitionnés par NGENZI pour enterrer les corps. A peu près la même chronologie que le témoin précédent. Lui est affecté au Centre de Santé. Il souligne l’état de décomposition des corps exposés depuis trois jours. Il avoue qu’ils ont achevé les blessés. Ils ont dû creuser une fosse, contrairement à ceux qui travaillaient à l’église. Si NGENZI est venu les chercher, c’est parce que le bourgmestre était originaire de ce secteur. On devait lui obéir, c’était leur autorité.

Ont-ils reçu l’ordre d’achever les blessés au Centre de Santé ? « Non, ils agonisaient, on les a achevés. C’est un crime que nous avons commis et pour lequel nous avons demandé pardon. » Il a écopé 24 ans de prison mais n’en a fait que 12.

A cinq reprises, madame la présidente demande au témoin si NGENZI leur a demandé d’aller à l’IGA [8]. Il finit par dire oui mais il ne s’y est pas rendu. Ce sont ceux qui étaient à l’église qui y sont allés.

A maître MARTINE qui fait remarquer au témoin qu’il aurait pu refuser d’aller enterrer les corps : « Est-ce que je pouvais ne pas obéir ? » S’il avait refusé, il l’aurait puni, enfermé au cachot.

Devant maître CHARRIER, le témoin reconnaît que pendant le génocide, tout était permis, même tuer les Tutsi. Il a tué des Tutsi parce qu’il savait que le bourgmestre ne le punirait pas. Il aurait obéi de la même façon si NGENZI leur avait dit de rester chez eux, même si la radio leur demandait de tuer. Ils auraient obéi au bourgmestre plus qu’aux Interahamwe [2]. Par contre, NGENZI ne semblait pas triste à cause des massacres. Il avait surtout peur que le FPR voie les cadavres.

« Vous en voulez à NGENZI de vous avoir incité à tuer et à enterrer les corps ? » demande l’avocat. « C’est une leçon pour nous. Aujourd’hui, on ne peut pas tuer. Nous vivions en sécurité. On nous a conduits vers des crimes qu’on ne connaissait pas.  Cela nous a fait de la peine.  C’était comme tuer des chèvres. »

A la présidente qui reprend la main, le témoin avoue que leur chef était NGENZI, pas le chef des Abalinda [5]. Quand le bourgmestre est venu les chercher, il savait qu’il avait affaire aux Abalinda : car leur centre de négoce était voisin du leur. Ces derniers n’avaient pas de tenue particulière.

Comme il se doit, la parole sera donnée à la défense pour clôturer cette audience.

 

Audition d’Oscar KAJANAGE, partie civile en visioconférence.

Monsieur KAJANAGE commence par évoquer la question des dommages et intérêts. Madame la présidente lui fait savoir que ce n’est pas l’objet de cette audition.

Le témoin poursuit en rappelant les liens qui unissaient les deux hommes. Bien que le père de NGENZI fût soupçonné d’avoir tué celui du témoin, ils étaient devenus amis. Le témoin raconte alors longuement le cursus du bourgmestre : la présidente doit lui rappeler de s’en tenir au sujet. C’est à partie de 1990 que leurs relations vont être perturbées. De rappeler toutefois le rôle joué par RWAGAFILITA [9] dans la nomination de NGENZI au poste de bourgmestre. A partir de 1990, le bourgmestre a demandé à son « ami » de ne plus venir le voir chez lui, mais au bureau communal.

Puis de raconter la mort de sa mère et celle des autres membres de sa famille (une douzaine de personnes) dont on connaît déjà en partie l’histoire. KAJANAGE demande à NGENZI d’aller enterrer les siens pour éviter qu’ils ne soient dévorés par les chiens ou les rapaces.

Le 11, le témoin conduit femme et enfants à l’église. Lui viendra le lendemain. De raconter ensuite l’attaque de l’église. Il dit s’être caché dans une pièce du presbytère où ils se sont enfermés à clé (NDR. Dans son témoignage, l’abbé INCIMATATA avait parlé de cette chambre fermée à clé sans préciser qui était à l’intérieur.)

Le dialogue avec le témoin est difficile. Il se perd dans des détails qui perdent probablement jurés et assistance. Madame la présidente donne lecture de ses dépositions précédentes qui contredisent ce que le témoin dit devant la Cour. Il veut surtout montrer la responsabilité du bourgmestre dans les massacres de l’église.

BARAHIRA, il l’a vu à la réunion du 8 avril, puis l’a revu à l’église le 13 : il supervisait les massacres.

Maître ARZALIER voudrait aider le témoin à remettre de l’ordre dans ses déclarations mais il finira par renoncer.

La défense ne manquera pas de mette le témoin en face de ses contradictions. Maître EPSTEIN veut surtout lui faire dire que NGENZI n’a jamais manifesté de haine envers les Tutsi. Il reproche au témoin de rapporter des faits dont il n’avait jamais parlé avant.

Maître BOURGEOT reviendra quant à elle sur ce que le témoin connaît de son client BARAHIRA.

« Que voulez-vous dire à NGENZI qui vous écoute », demande la présidente ? KAJANAGE se contente de ces mots : « La peur tue l’intelligence. »

 

Audition d’Etienne GAKWAYA, agriculteur, ancien conseiller du secteur de Rundu.

Le témoin rapporte que quand la guerre a éclaté, il est allé voir NGENZI pour qu’il vole à leur secours : un autre secteur avait attaqué le leur. Il est venu avec des policiers qui ont tiré des balles en l’air. La population s’est calmée. Le bourgmestre a conduit un blessé à l’hôpital, remis un mort à sa famille. Quant à lui, on est venu le prendre pour le conduire à la commune. Il s’est caché jusqu’à l’arrivée des Inkotanyi [7].

Sur question de madame la présidente, le témoin précise qu’il était conseiller de secteur du parti PSD. Il avait quitté le MRND. Il n’a pas été invité à la réunion du 11 avril et n’était pas présent à l’église le 13. De retour chez lui, ce qui l’a marqué c’est qu’on avait tué une famille de Rundu et qu’on avait jeté les corps dans ses latrines. Il ne connaît pas les tueurs.

Il connaît RUHUMULIZA : il est un de ceux qui l’ont destitué de son poste de conseiller. Il a distribué des grenades aux réservistes qui avaient quitté l’armée. Il voulait le tuer mais il a payé pour échapper à la mort. Deux des frères de NGENZI, MUSONI et MUSONERA faisaient partie des Abalinda [5].

Il connaît aussi BARAHIRA : il dirigeait les Interahamwe [2], 200 à 300 à Kabarondo.
Monsieur l’avocat général interroge sur l’organisation administrative de la commune et revient sur les conditions de sa destitution.

Maître EPSTEIN veut savoir si le fait que le témoin ait changé de parti posait des problèmes à NGENZI. Ce dernier lui a demandé pourquoi. : « J’ai quitté librement le MRND comme je l’avais intégré librement » aurait répondu l’ancien conseiller. Par contre, il n’a pas vu de changement dans le comportement de NGENZI entre 1990 et 1994.

Maître BOURGEOT, enfin, veut savoir s’il a été emprisonné et relâché sans procès à cause de son rôle de conseiller. « Quand on avait occupé un poste, on était inquiété » demande l’avocate. Le témoin confirme.

Alain GAUTHIER, président du CPCR

 

  1. Voir l’interrogatoire d’Octavien NGENZI sur son emploi du temps du 7 au 12 avril 1994.
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  2. Interahamwe : « Ceux qui combattent ensemble » ou « qui s’entendent », mouvement de jeunesse et milice recevant une formation militaire, créé en 1992 par le MRND, le parti du président HABYARIMANA. Voir FOCUS – Les Interahamwe.
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  3. Réunion du terrain de foot de Cyinzovu : comme d’autres témoins, Silas MUTABARUKA évoque une réunion au cours de laquelle Tito BARAHIRA aurait demandé à l’assistance « d’assurer la sécurité », c’est-à-dire « tuer les Tutsi », mais l’accusé conteste l’existence de cette réunion ainsi que celle du terrain de foot lui-même.
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  4. Au cours de la première partie de l’interrogatoire, madame la présidente rappelait que Sylvestre GACUMBITSI, jugé au TPIR, a parlé d’une livraison d’armes après une réunion au Camp militaire.
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  5. Abalinda ou Abarinda : dans le secteur de NGENZI, ce groupe avait repris le nom traditionnel “des gens qui savent chasser” pour l’appliquer à la traque des Tutsi.
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  6. Des voleurs s’étaient emparés des chèvres d’un certain TITIRI. Averti par le conseiller Cyprien, NGENZI serait venu et aurait reproché aux assaillants de tuer et manger les chèvres avant de s’occuper de leurs propriétaires. Voir également l’audition d’Oreste NSABIMANA.
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  7. Inkotanyi : Combattant du FPR (terme utilisé à partir de 1990). Cf. “Glossaire“.
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  8. IGA : Centre communal de formation permanente.
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  9. Le colonel RWAGAFILITA (ou RWAGAFIRITA) était chef d’état-major adjoint de la gendarmerie depuis 1979 lorsqu’en 1990 il explique au général VARRET sa vision de la question tutsi : “ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider”. Il sera mis à la retraite “d’office” en 1992 avant d’être rappelé, avec Théoneste BAGOSORA, pour “venir aider” au début du génocide. Sous le régime HABYARIMANA, il avait été décoré de la Légion d’Honneur par la France!
    Voir le glossaire pour plus de détails et le témoignage de son neveu Manassé MUZATSINDA, ex-policier communal.
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