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Procès en appel de Ngenzi et Barahira. Vendredi 8 juin 2018. J 22.

 

Audition de Jovithe RYAKA.

 

Le témoin déclare qu’il s’est porté partie civile parce  que le bourgmestre, Octavien NGENZI, n’a pas protégé les siens.

Les relations entre les deux hommes ont été bonnes jusqu’en octobre 1990. Ils avaient même des liens assez étroits. Au retour d’un pèlerinage à Zaza, par exemple, il a été arrêté une journée avec 7 autres personnes et exposé au soleil toute une journée : sans raison.

Le témoin rapporte un autre exemple. Alors qu’il avait perdu son laisser-passer et sa carte d’identité, il est retourné au bureau communal où un agent, NDAYAMBAJE, lui propose une carte d’identité avec la mention Hutu. NGENZI déchirera le document. Le fonctionnaire écopera d’une amende. Le témoin travaillait alors à l’Économat général de Kibungo et avait besoin de ses papiers pour passer une barrière.

Le témoin évoque des événements les 7 et 8 avril avec l’attaque des Abalinda [1] armés de lances et de gourdins et l’épisode des « chèvres de TITIRI »  [2]: « On pensait que c’était le grand frère de NGENZI qui avait abattu les chèvres ! » Le bourgmestre est alors arrivé en voiture. On connaît la suite de l’histoire.

Jovithe RAKYA évoque ensuite la mort de SENKWARE et de son grand frère André par des Interahamwe armés de lances et de gourdins et habillés de feuilles de bananiers [3]. Le jeune PILOTE sera blessé par Patrice HABYARIMANA et achevé par d’autres.

Le témoin passe la nuit du 8 chez BILINDA. Le lendemain, il voit BARAHIRA qu’il entend dire : « L’ennemi c’est le Tutsi. Vous ne devez pas vous retourner les uns contre les autres. Il faut tuer les Tutsi. » Il faut rappeler que les habitants de Rubira avaient attaqué ceux de Rundu.

Le témoin entend MUGARASI dire à BARAHIRA : « Tu nous demandes de tuer les Tutsi mais de quelle ethnie est ton épouse ? » L’ex-bourgmestre lui remettra de l’argent pour le faire taire. Des tueries se produiront alors.

Madame la présidente souligne les contradictions du témoin. Aux enquêteurs français, en 2011, il n’avait pas mentionné la présence de BARAHIRA.

Le témoin se rend alors à l’église le 12 et va narrer la journée du 13 : réunion sur la place du marché en présence du conseiller RWASAMIRERA, l’attaque des Interahamwe, l’attaque à la grenade, l’arrivée des militaires dont il pensait qu’ils venaient les protéger. Il évoque en pleurant la mort de sa mère qui sera atrocement torturée et mutilée: elle sera énuclée. Il réussira à s’échapper et à se cacher. Il aura perdu un grand nombre de membres de sa famille dans l’église : sa maman, trois sœurs, son père, son épouse, ses deux fils. Un certain nombre d’informations qu’il donne vient des Gacaca [4].

Sur questions de madame la présidente, il revient sur les méfaits de NGENZI à partie de 1990 :

  • Il s’est approprié un champ de son père, récupéré en 1995.
  • Allusion à son arrestation au retour de Zaza.
  • Il a persécuté les Tutsi mais aussi les membres du PL (Parti libéral).
  • Il l’a giflé sans raison et mis en prison.
  • Il a perdu son emploi à Kibungo pour avoir abattu un arbre.

Le témoin dit peu de choses sur BARAHIRA si ce n’est qu’il détestait les Tutsi. Il fait allusion au meurtre de BIZIMANA qu’il aurait tué avant de perdre son poste de bourgmestre. De rappeler aussi qu’à deux reprises il n’a pas pu obtenir un travail sous prétexte qu’il aurait oublié de mettre son nom sur les tests de sélection. Tout cela parce qu’il était Tutsi. Depuis l’arrivée du FPR, le témoin est devenu membre du parti.

Maître Kévin CHARRIER fait préciser au témoin qu’une carte d’identité avec mention Hutu pouvait sauver la vie, que la vie des Tutsi était difficile. Effectivement : « Un Tutsi qui avait étudié ne pouvait être qu’enseignant ou prêtre. »

Et NGENZI ne facilitait pas les choses ? Le témoin de rappeler qu’avant 1990, tout allait bien. De dire aussi que depuis 1959 aucun Tutsi n’a eu vraiment la paix.

Il a bien pu confondre des dates, le temps pouvant créer des confusions. « Il y a beaucoup de mauvaises choses dans nos têtes : pertes de repères, surtout quand nous arrivons dans un lieu comme celui-là ! » S’il n’a pas vu NGENZI et  BARAHIRA, cela ne veut pas dire qu’ils n’y étaient pas.

Qu’a-t-il envie de dire à NGENZI ?  « NGENZI, pose-toi la question. Tu n’as pas eu pitié de ton parrain pour sauver au moins un enfant. Tu es partie en exil en laissant ta mère. Aie de la compassion. Ton père a tué le père de KAJANAGE et pourtant il est resté ton ami. Tu ne l’as pas aidé en retour. Dis à tes enfants ce que tu as fait et laisse-les venir au Rwanda vivre avec nous  ».

Un des avocats de LDH souhaite revenir sur l’animalisation des victimes dans le langage courant avant le génocide. Il est vrai que le Tutsi était traité de cafard, de serpent. Comme l’avocat avait parlé du témoin NZIGIYIMANA, Jovithe raconte l’épisode au cours duquel ce dernier avait écrasé les testicules d’un enfant puis planté une épée dans son cœur, et ce dans les bras de sa mère !

Madame la présidente reprend la main. Si RYAKA a adhéré au PL c’est parce que c’est dans ce parti qu’il y avait le plus de Tutsi, le MRND ne partageant pas le pouvoir. La présidente souhaiterait y voir un peu plus clair entre ce que le témoin a vu et ce qu’il a entendu !

Les avocats généraux reviendront à leur tour sur les contradictions entre ce qu’il a dit lors des auditions avec les gendarmes, les confrontations avec NGENZI et ce qu’il déclare devant la Cour.

L’avocate de BARAHIRA cherche aussi à y voir clair. Elle essaie de démêler le vrai du faux en respectant la douleur du témoin. Il n’a pas été témoin du meurtre de BIZIMANA mais « tout le monde en parlait. » Et le témoin de redire que les Tutsi étaient persécutés depuis 1959. Quant à RUHUMULIZA, il recevait bien des ordres de NGENZI. Quant à donner des éléments précis, qui on a vu ou pas, c’est très difficile car chacun cherchait à sauver sa vie.

Au tour de maître EPSTEIN d’interroger le témoin. Des militaires sont bien venus rôder autour de chez lui avant 1994. Ils avaient été envoyés par NGENZI et BAKAME. Bien sûr, NGENZI ne pouvait pas persécuter l’abbé INCIMATATA qui disait du bien de lui. Si ses propos ne correspondent pas à ce qu’a dit Etienne GAKWAYA, c’est un fait. Mais ce n’est pas ce que le témoin a entendu dans les Gacaca [4] !

 

Audition de Anaclet RUHUMULIZA, commerçant, éleveur et agriculteur. Entendu en visioconférence.

 

Le témoin évoque l’attentat contre l’avion du président qui est tombé lors de son retour d’Arusha. « Toute la nuit, nos voisins tutsi ont marché pour se rendre à l’église de Kabarondo ». Les jeunes Hutu Interahamwe [3] seraient partis ensuite pour s’emparer du bétail des Tutsi. Le conseiller Cyprien a alors appelé NGENZI au secours. Le bourgmestre aurait remis au fils de TWABUHAYA, Tutsi,  le bétail mort qu’on lui avait volé en lui demandant d’aller le vendre.

Le lendemain, les Interahamwe étaient furieux. Ils se sont lancés à la poursuite de la population et ont pris PILOTE, un maçon qui travaillait pour lui. PILOTE sera ensuite tué. Allusion à l’intervention des militaires le 13. Le 14, NGENZI a demandé aux gens de Kabarondo d’aller enterrer les morts de l’église [5] : ils ont refusé. Le bourgmestre se rendra à Kabura pour enrôler des fossoyeurs. On a pour cela réquisitionné son propre véhicule. Lui-même souhaitait revenir à son bar.

Ordre a été donné d’aller tuer au Centre de Santé. NGENZI avait promis de donner un bœuf : il finira par remettre 15 000 francs.

A cause du temps passé en prison, le témoin dit avoir oublié de dire qu’à une date qu’il a oubliée, les Interahamwe sont allés à Rundu pour piller les biens des gens qui avaient fui leurs maisons. Ils se sont battus entre eux car ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur le partage des biens pillés. Un certain Patrice a été blessé et NGENZI l’a conduit à l’hôpital.

Le témoin termine sa déposition spontanée en évoquant les tueries au Centre de Santé le jour de l’enterrement et le transfert de rescapés à Kibungo où ils seront tués. Il fuira en Tanzanie parce que les Inkotanyi [6] arrivaient à Kabarondo.

Madame la présidente interroge alors le témoin. En 1994, il habitait Rubira mais avait un bar dans le centre de Kabarondo qu’il louait. C’était un simple bar où la population venait boire un verre, membres du PL ou du MRND. Pour être en paix, il appartenait au MRND. Les Interahamwe [3], il a du mal à en reconnaître l’existence à Kabarondo. Les Abalinda [1] ? Il y en avait à Rundu et Rubira. Lui-même était considéré comme un de leurs membres mais il n’a jamais dirigé quoi que ce soit. S’il a été condamné, c’est pour avoir prêté son véhicule pour transporter les fossoyeurs. Si NDOBA a prétendu qu’il était le chef des Abalinda, c’est tout simplement pour plaider sa cause. Il a vaguement entendu parler des Simba Bataliani [7] et ne sait rien du Club de Kibungo [8] .

Le témoin répond à une série de questions sur RWAGAFILITA [9] qui a favorisé la nomination de NGENZI. Il n’a participé à aucune réunion en 1994, hésite pour dire qu’il était présent lors des pillages de Rundu, refuse de reconnaître qu’il a participé à une distribution d’armes. Ce sont les rescapés qui l’ont accusé. Quant à la distribution de grenades, c’est NDAYAMBAJE qui en a remis au conseiller Cyprien, contrairement à ce qu’a dit GAKWAYA qui l’a calomnié.

L’enterrement des corps, il n’y a pas participé, il n’est pas allé à l’église. S’il s’est rendu à l’IGA [10], c’est parce que RWAMUHUNGU lui a demandé de venir car on risquait d’y tuer des Hutu. Les réfugiés de chez NGENZI ? Selon ce dernier, ils auraient été tués à Kibungo.

Un avocat de LDH revient sur les Abalinda[1]. Les pères et grands-pères de NGENZI et NZIGIYIMANA étaient des Abalinda. En 2011, il avait pourtant dit que NGENZI faisait partie des Abalinda. Il aurait dit aux juges qu’il n’avait pas participé à l’enterrement ! Le témoin ne se souvient que du 16 avril quand ils ont transporté les fossoyeurs.

Sur questions de maître GISAGARA, le témoin confirme qu’on l’a appelé au secours à l’IGA parce que CYASA allait tuer des Hutu. De décrire alors l’omniprésence de ce dernier lors du génocide et sa qualité de chef des Abalinda. C’était « un grand tueur ». L’avocat s’étonne alors que le témoin, citoyen de base, ait pu donner des ordres à CYASA, un grand tueur ! Probablement qu’il était autant craint que CYASA.

Un des avocats de NGENZI, maître CHOUAI, s’empare d’un document qui est dans le dossier, un document écrit sous la dictée car il ne sait ni lire et écrire. L’avocat entreprend la lecture d’un post-scriptum qui termine les déclarations du témoin : « … l’OPJ qui m’accompagnait… je pense qu’il en sait beaucoup plus… » « Je vous dirai qui parle ! » Et d’ajouter : « Vous vous souvenez d’Alain GAUTHIER qui est venu vous voir, vous faire écrire un document alors que vous ne savez pas écrire ? » Le témoin d’expliquer : « Je suis allé dans le bureau des assistants sociaux qui ont écrit mon témoignage. Les gens qui viennent me voir en prison ont obtenu l’autorisation ».

Maître BOURGEOT cherche à savoir ce qu’est une perpétuité spéciale. INCIMATATA a témoigné dans le procès NGENZI en Gacaca. Quant à KARASIRA, il est décédé de diabète en prison. « Emprisonné car il était président du MRND ? » interroge l’avocate. Quant à savoir quand il sortira de prison, « seul Dieu le sait. »

 

Audition de Constance MUKABAZAYIRE, agricultrice, partie civile.

 

« Quand quelqu’un est devenu mauvais, cela a des répercussions sur ses enfants ». Telles sont les premières paroles du témoin. Elle évoque sa rencontre avec Mélanie, partie civile au procès, ce qui lui a rappelé les événements de 1959 au cours desquels KAYIHURA, le père de Mélanie a péri dans sa maison en feu. En 1994, ce sont ces enfants qui ont commis les mêmes crimes. Constance voudrait supplier les accusés de « ne pas léguer leur mauvais métier à leurs enfants ».

D’en venir alors à sa propre histoire. Le 12 avril 1994, elle arrive à l’église, sa famille ayant déjà été tuée. Il lui reste trois enfants, dont un qu’elle porte au dos. Ses 5 autres enfants ont été tués dès les premières heures. Leurs corps ont été jetés dans des latrines, apprendra-t-elle plus tard. Sa fille aînée a été tuée après avoir subi un viol. On lui a dit plus tard que ses enfants auraient été tués par un certain MUKASA.

Le témoin est arrivée à l’église alors qu’il faisait déjà nuit. Le 13 au matin, elle retrouve les enfants de son frère près de la Banque actuelle, à côté de la place du marché. NGENZI tenait une réunion avec NDOBA, Anaclet RWAMASIRERA et Anaclet BIZIMANA. Elle aurait entendu le bourgmestre tenir les propos suivants : « Il faut aller tuer les Tutsi pour qu’on se demande plus tard à quoi ressemblait un Tutsi ! » De raconter ensuite l’arrivée des militaires qui vont se mettre à tirer sur l’église. Elle reconnaîtra un certain MUHIRE et ALOYS, qui est maintenant devenu fou. Par les fenêtres de l’église, elle voit les militaires tirer et tuer. Une femme, Athanasie, meurt sous ses yeux.

Les militaires font sortir les rescapés de l’église et demandent aux « cafards » de s’asseoir sur la Cour. Elle remet son enfant chez Joséphine et va vivre une journée d’errance, va passer la nuit chez MUSA. A son retour, son enfant aura été tué chez Spéciose.

Elle s’adresse alors à NGENZI lui-même. Pourquoi, alors qu’il aurait caché des Tutsi, n’a-t-il pas caché KAJANAGE ou KAGABO ?

Elle vivra ensuite dans la brousse avec ses deux enfants, jusqu’à l’arrivée des Inkotanyi. Elle avait même pensé à se suicider. Elle est arrivée chez NDAGIJIMANA dont la femme était sa filleule.

Sur questions de la présidente, elle reconnaît avoir vu NGENZI deux fois. Il se comportait toujours en dirigeant. Par contre, elle n’a pas vu l’abbé INCIMATATA.

Elle ajoutera : « Hier, j’ai entendu NGENZI nier ce qu’on lui reproche. J’ai eu peur. Et quand j’ai entendu RUHUMULIZA dire que BARAHIRA n’a pas vu de cadavres, j’ai ressenti de la frayeur. C’est parce que j’ai entendu les mensonges de NGENZI que je l’ai supplié de ne pas transmettre cela à ses enfants. Même s’il nie ici, Dieu va le juger. »

Maître GISAGARA interroge le témoin qui a témoigné à décharge dans un procès Gacaca [4] . Preuve qu’elle est capable de défendre quelqu’un accusé injustement. Elle confirme qu’elle a entendu dire que son frère François NTISHWAMABOKO avait bien été tué en présence de BARAHIRA. Elle évoque ensuite sa situation de rescapée : elle est malade, n’a personne pour l’aider. Elle ne peut s’empêcher de comparer sa situation à celle de la famille NGENZI. Elle souffre surtout au moment des commémorations auxquelles elle évite de participer : « Je demande à ces gens de redevenir humains et pas des animaux. »

Monsieur l’avocat général lui demande de revenir sur la chronologie des événements. Quant à maître BOURGEOT, elle interroge le témoin sur la responsabilité de BARAHIRA dans la mort de son frère François. Par contre, elle ne connaissait pas RWAGAFILITA [9].

Maître CHOUAI revient sur l’OMA des juges d’instruction qui précise qu’on ne peut pas retenir le fait que NGENZI ait pu être à la fameuse réunion.

Madame la présidente lui demande de poser des questions et de ne pas revenir sur l’OMA à laquelle la Cour n’est pas tenue de se référer. L’audition se termine par la lecture d’un plan. L’avocat prétend que le témoin ne peut pas avoir entendu NGENZI de là où elle se trouvait.

 

Audition de Pélagie UWAGIRINKA, commerçante, partie civile.

 

Le témoin est la sœur de Dative, l’épouse de KAJANAGE qui est décédée avec ses trois enfants, ainsi qu’avec une nièce. Elle a assisté la veille à l’audience, mais elle a dû partir plus tôt très affectée, ne pouvant supporter ce qu’elle entendait.

Même lors des premières Gacaca [4] de Kabarondo, elle n’a pas pu rester jusqu’à la fin. Elle a essayé de prendre ses distances avec les événements. De rappeler alors le souvenir de sa sœur qui était aussi son amie. Elle reproche surtout à NGENZI et BARAHIRA de n’avoir rien fait pour sauver sa sœur alors que cette dernière avait travaillé pour eux.

NGENZI était leur voisin immédiat, leurs enfants avaient le même âge et jouaient ensemble. S’ils avaient pu au moins en sauver un ! Aujourd’hui, il n’existe aucune descendance de sa sœur. NGENZI est responsable.

Pélagie vivait à Kigali. Elle s’est réfugiée à la paroisse Saint-André, dans le quartier de Nyamirambo.

A-t-elle quelque chose à rajouter ? Elle dit en direction des accusés qu’après ce procès sur terre, il y aura un autre procès dans lequel ils ne pourront plus se défendre.

« Qu’attendez-vous de ce procès » lui demande madame la présidente ? « C’est vous qui allez dire la vérité, sans partialité. »

L’audience se termine par la remise de photos de Dative à la Cour.

 

Alain GAUTHIER, président du CPCR.

 

  1. Abalinda ou Abarinda : dans le secteur de NGENZI, ce groupe avait repris le nom traditionnel “des gens qui savent chasser” pour l’appliquer à la traque des Tutsi.
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  2. Des voleurs s’étaient emparés des chèvres d’un certain TITIRI. Averti par le conseiller Cyprien, NGENZI serait venu et aurait reproché aux assaillants de tuer et manger les chèvres avant de s’occuper de leurs propriétaires. Voir également l’audition d’Oreste NSABIMANA.
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  3. Interahamwe : « Ceux qui combattent ensemble » ou « qui s’entendent », mouvement de jeunesse et milice recevant une formation militaire, créé en 1992 par le MRND, le parti du président HABYARIMANA. Voir FOCUS – Les Interahamwe.
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  4. Gacaca : (se prononce « gatchatcha »)
    Tribunaux traditionnels au Rwanda, réactivés en 2001 et opérationnelles à partir de 2005, en raison de la saturation des institutions judiciaires pour juger des personnes suspectées de meurtre pendant le génocide. Composées de personnes élues pour leur bonne réputation, les Gacaca avaient une vocation judiciaire et réconciliatrice, favorisant le plaider coupable en contrepartie de réduction de peines. Près de 2 millions de dossiers ont été examinés par 12000 tribunaux gacaca avant leur clôture officielle le 18 juin 2012.
    Cf. glossaire.
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  5. Attaques du 13 avril à l’église de Kararondo : voir entre autres les auditions de l’abbé INCIMATATA, Christine MUTETERI, Marie MUKAMUNANA, Berthilde MUTEGWAMASO, Benoîte MUKAHIGIRO et Francine UWERA.
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  6. Inkotanyi : Combattant du FPR (terme utilisé à partir de 1990). Cf. “Glossaire“.
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  7. Simba Bataliani : dangereux groupe armé constitué d’anciens militaires des FAR, souvent cités pour leurs exactions meurtrières dans la région de Kabarondo.
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  8. Club de Kibungo : au départ un groupe d’entrepreneurs qui avait vocation à dynamiser le commerce, il aurait peu à peu dérivé vers des motivations ethnistes “pro-Hutu de l’Est”.
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  9. Le colonel RWAGAFILITA (ou RWAGAFIRITA) était chef d’état-major adjoint de la gendarmerie depuis 1979 lorsqu’en 1990 il explique au général VARRET sa vision de la question tutsi : “ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider”. Il sera mis à la retraite “d’office” en 1992 avant d’être rappelé, avec Théoneste BAGOSORA, pour “venir aider” au début du génocide. Sous le régime HABYARIMANA, il avait été décoré de la Légion d’Honneur par la France!
    Voir le glossaire pour plus de détails et le témoignage de son neveu Manassé MUZATSINDA, ex-policier communal.
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  10. IGA : Centre communal de formation permanente.
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