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Procès Simbikangwa: 18 février 2014

Audition de monsieur Bigega, agent de l’Etat au SCR (Service Central de Renseignements)

Monsieur Bigega travaillait au SCR mais comme agent logisticien.Il a beaucoup travaillé en dehors de Kigali, dans les différentes préfectures. De ce fait, il a peu côtoyé Pascal Simbikangwa. Le témoin a cependant rappelé que monsieur Simbikangwa était “colérique”, qu’il “prenait comme prétexte le fait d’être proche du président pour intimider les gens.” Il ne craignait personne d’autre que le président. Monsieur Bigega a continué:” Il montrait qu’il haïssait les Tutsi.” Lorsque la défense lui demande pourquoi il ne voulait pas venir à Paris pour témoigner: “J’avais peur, peur des opposants actuels de Kigali qui pouvaient me faire du mal.” Comme à son habitude, Pascal Simbikangwa conteste ce témoignage:” Ils viennent là pour la récitation. Ils ont appris à me calomnier, à calomnier le président.” Reprenant cette question de la peur des témoins, l’avocat général l’adresse à Simbikangwa. Ce dernier de répondre:” Les opposants? Vous pensez qu’ils peuvent tuer? En France, il n’y a pas de pression sur les témoins. Par contre, à Kigali, on fait pression sur les témoins car on ne veut pas la vérité, on ne veut pas reconnaître l’innocence.” ” L’ethnisme continue au Rwanda, les Hutu se trouvent en marge.”. Il termine en disant qu’il veut donner une leçon à Monsieur Gauthier: “Je voudrais que Monsieur apprenne l’histoire des Juifs à propos de laquelle on reconnaît des Justes! Alain Gauthier continue à faire la propagande du FPR pour que la réconciliation nationale soit impossible.” Tout le monde aura compris qu’il s’agit là d’un procès d’intention. C’est ainsi que se comporte Pascal Simbikangwa quand il est à court d’arguments.

Audition de Faustin Twagiramungu, politicien.

Monsieur Twagiramungu ayant volontairement confondu prétoire et tribune politique, nous avons décidé de ne pas rédiger de compte-rendu de son audition. La justice mérite mieux que ça.

NB. Monsieur Twagiramungu avait offert ses services à la défense!

 

Questions à monsieur Simbikangwa.

Monsieur le président, Olivier Leurent, va relire, en fin de journée, plusieurs témoignages qui mettent Simbikangwa en cause. Comme à son habitude, le prévenu conteste tout. Il ne connaît aucun des témoins qui sont pratiquement tous de sa commune d’origine, les traite de menteurs, parle du “langage diabolique” de l’un, qualifie les propos d’un autre “d’absurdes”, parle de “délation, de terreur, de mensonges”. Rien de nouveau sous le soleil.

En fin d’audience, Pascal Simbikangwa dit qu’il connaissait Robert Kajuga, le président des Interahamwe: “Ce n’était ni un ami, ni un ennemi.” On s’en tiendra là pour aujourd’hui.

 

Le président, évoquant le planning de demain, annonce que Georges Ruggiu refuse de venir témoigner. Il voulait que ce soit à huis clos, ce qui n’est pas possible. Une nouvelle tentative pour le convaincre aura lieu dans les jours qui viennent.

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