Dans le cadre du projet scolaire transfrontalier « Valise mémoire/Koffer der Erinnerung », conçu par Francine Mayran, artiste peintre et intervenante scolaire sur la mémoire des génocides, une soirée sur le thème de « la nécessité de la justice après les génocides » a eu lieu à Strasbourg, à la chapelle de la Rencontre, lundi 8 décembre 2025. Ici Francine Mayran introduit la conférence:
« Juger c’est rendre justice aux victimes, panser les douleurs, c’est faire l’histoire, enseigner, transmettre, c’est aussi prévenir la récidive, refuser l’impunité et le négationnisme, c’est affirmer que la dignité humaine n’est jamais négociable. Parce que juger, au fond, c’est reconstruire, c’est vivre et c’est faire vivre ceux qu’on a voulu faire disparaître.
C’est pour cela que malgré les années qui passent, certains continuent ces enquêtes difficiles, parfois tardives, parfois douloureuses ?
C’est ce combat mené en France et au Rwanda que vont partager avec vous Dafroza et Alain Gauthier , qui ont créé le CPCR pour juger les responsables du génocide des tutsi au Rwanda réfugiés en France et que Friedrich Peter parlera des procès des criminels nazis en Allemagne ».
Les premières images de ce film montrent quelques-unes des valises mémoire de survivants tutsis créées par des élèves du collège Ste Anne de Strasbourg et des élèves de l’ensemble scolaire Jean XXIII de Montigny-Lès-Metz, dans le cadre du projet valise mémoire en 2024-2025.

Alain et Dafroza Gauthier poursuivent sans relâche ce travail de justice et de mémoire, en traquant les génocidaires qui ont trouvé refuge en France.
Dafroza, quant à elle, a perdu de nombreux proches lors du génocide en 1994.
C’est le sujet d’un documentaire et une bande dessinée « Rwanda à la poursuite des génocidaires » parue aux éditions Steinkis.
Friedrich Peter, spécialiste de l’histoire des Juifs de Kehl, intervient et présente les procès des criminels nazis en Allemagne, le silence et le déni des années après guerre :
En 2014, pour la 20ème commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda, Francine Mayran avait créé de nouvelles toiles intitulées « Après la Shoah on avait dit plus jamais cela… Et pourtant!»
Une exposition de portraits-symboles du génocide des Tutsi sur différents thèmes (résilience, transmission, héroïsme, dignité…) des victimes assassinées, rescapées et des Justes. Ce travail de mémoire interroge au travers de portraits de rwandais, les drames de toutes les victimes de génocide et la responsabilité des Hommes témoins de l’Histoire.
Rwanda Ibuka, souviens-toi des victimes Tutsi, assassinées par la barbarie humaine et par l’indifférence. Rappelons qu’en 100 jours, plus d’un million de Tutsi et Hutu modérés furent assassinés!
■ Des portraits à l’huile sur fond de sable rouge, Rwanda, ce pays « aux mille collines » de beauté légendaire où coulent le lait et le miel.
■ Des portraits où l’on fait face à l’homme et à « ce que l’homme fait à l’homme », à la fois à l’humain et à la capacité à l’inhumain chez l’homme.
■ Un drame collectif. On y compte, on y recompte sans cesse ses morts.
■ Des drames individuels: Des victimes assassinées sauvagement. Des survivants qui portent des traces indélébiles, des hommes, des femmes dont le génocide à coups de machettes, est gravé dans leur chair, leur corps, leur âme.
■ Mais aussi des Justes, des « braves » qui nous permettent de garder foi en l’Homme et en l’Humanité.
Voir MÉMOIRES INDIVIDUELLES DU GÉNOCIDE DES TUTSIS AU RWANDA sur le site de Francine Mayran.
Lire également « “La justice après un génocide” : à la chapelle de la Rencontre, art et témoignages pour faire avancer la réflexion », Dernières Nouvelles d’Alsace, 14 décembre 2025.
CPCR – Collectif des parties civiles pour le Rwanda Pour que justice soit faite
