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Procès en appel de Ngenzi et Barahira. Mardi 12 juin 2018. J24

 

La journée commence par un incident rapporté par la défense : NGENZI aurait reçu des menaces qu’il a consignées dans une lettre ! Monsieur l’avocat général a demandé un rapport.

 

Audition de Jean RWIZIBUKIRA, beau-frère de monsieur KAREKEZI qui sera entendu plus tard.

 

Le témoin commence par rapporter ce dont il a été témoin à l’IGA, un des lieux de massacres à Kabarondo [1]. Le bourgmestre l’aurait convoqué avec d’autres à une rencontre à l’IGA. Arrivé sur place avec les autres, le témoin trouve NGENZI en compagnie de CYASA, le « président des Interahamwe de Kibungo » [2]. Monsieur RWIZIBUKIRA pensait qu’il s’agissait d’une réunion pour ramener la sécurité. En réalité, c’était pour y exécuter les Tutsi qui avaient trouver refuge en ces lieux et qu’on a fait asseoir contre un mur : ZIRAGUMA, MUNYESHYAKA, SEBATUZI, RUZINDANA et un jeune vendeur d’essence. Un certain KAYIRONGA sera sorti du groupe, ainsi que MUNYESHYAKA (c’est Moussa BUGINGO qui intervient en faveur de ce dernier).

NGENZI tenait un pistolet, à droite de CYASA. Le président des Interahamwe aurait alors commencé à dégoupiller une grenade, ce qui provoque la panique parmi les gens présents. Après avoir remis la grenade dans sa poche, il va exécuter deux rescapés. Les autres qui étaient assis seront fusillés à leur tour. Pris de panique, le témoin est alors retourné chez lui.

NGENZI aurait alors dit : « Même si vous partez, nous irons fouiller le domicile de ceux qui ont des femmes tutsi ».

Le témoin raconte alors les perquisitions qui seront effectuées d’abord chez lui par NGENZI et BARAHIRA : ils étaient à la recherche de Tutsi qui aurait pu être cachés chez eux. Ils sont ensuite allés chez un voisin, RUZINDANA chez qui ils n’ont trouvé personne. Puis ils se sont rendus chez son beau-frère, Osée KAREKEZI. Le témoin les suit car il pensait que ses propres enfants se trouvaient chez leur oncle. Là encore, les responsables des fouilles n’ont trouvé personne. Ils sont enfin allés chez Jérôme MUNYANEZA.

Comme à l’ordinaire, le témoin sera soumis à une série de questions, d’abord par madame la présidente qui lui fait préciser un certain nombre de ses déclarations. Le témoin de confirmer la présence de NGENZI qui ne protègera pas son assistant bourgmestre, David MUGENDASIBO. Il connaît bien CYASA qu’il considère comme le chef des Interahamwe de Kibungo et qui aurait été mêlé aux meurtres de l’évêché. Par contre, il ne sait pas grand-chose sur BARAHIRA. L’objectif des fouilles consistait bien à débusquer les Tutsi. Ils n’en ont pas trouvé, « mais s’ils en avaient trouvé, ils les auraient tués. Ils auraient aussi tué les Hutu qui les auraient cachés » ajoutera le témoin. Madame la présidente fait remarquer au témoin que lors des différentes auditions (23 mai 2001/8 octobre 2012/confrontation du 8 octobre 2013) il n’avait pas parlé des perquisitions !

Sur question de l’avocate générale, monsieur RWIZIBUKIRA déclare que NGENZI n’avait pas peur : « Il était furieux, agressif ! » Et c’est bien le bourgmestre qui semblait avoir autorité sur CYASA. D’ailleurs, c’est bien NGENZI qui l’avait fait venir à l’IGA. Et de préciser qu’aucun militaire ne participait aux fouilles. De rajouter que personne ne lui a demandé de charger NGENZI et BARAHIRA. Le témoin dit être parti en exil le 19 avril, le FPR n’étant pas encore arrivé à Kabarondo. En exil, il a revu NGENZI à Kabare avec un autre bourgmestre, MUGIRANEZA. Il voulait que les gens retournent à Kabarondo pour enterrer les morts et aider les militaires en creusant des tranchées où ces derniers pourraient se cacher. Il s’agissait ainsi de combattre le FPR. Des Interahamwe sont retournés à Kabarondo. Quant aux deux bourgmestres, ils avaient trop peur. Ils ont continué leur route vers l’exil !

Un des avocats de NGENZI interroge à son tour le témoin et fait remarquer que lors de la confrontation ce dernier avait confondu NGENZI et BARAHIRA. Monsieur RWIZIBUKIRA va attribuer cette confusion au fait qu’il est malvoyant : et de présenter la carte qui en atteste.   L’avocat laisse entendre que le témoin doit sa libération au fait qu’il a accusé son client. Le témoin confirme qu’il est parti pour cacher son épouse tutsi. Donne le sens du surnom CYASA, « celui qui casse tout » (NDR. CYASA donnera une autre explication qui lui a valu ce surnom !) L’avocat émet des doutes quant à la présence du témoin à l’IGA.

Maître BOURGEOT revient alors sur les problèmes de vue du témoin qui va expliquer les conditions dans lesquelles il a perdu son acuité visuelle.

 

Audition de Emmanuel HABIMANA, alias CYASA.

 

Il s’agit d’un témoin dont on a beaucoup entendu parler depuis le début du procès. Il a toujours été présenté comme un des grands tueurs de Kibungo. Il ne sait pas pourquoi on l’a convoqué, il ne peut donc faire sa déclaration spontanée. Madame la présidente lui dit qu’il s’agit de NGENZi et BARAHIRA.

Le témoin revient longuement sur une réunion qui se serait tenue le 1er avril 1994, présidée par un certain RWATORO, et à laquelle participaient tous les grands responsables de la préfecture, dont les bourgmestres. Le bourgmestre de Birenga était là aussi, monsieur NTAHIMANA, ainsi que MUNYANGABE Jean de Dieu, alias Padri. C’est le député MUTABARUKA qui va prendre longuement la parole en précisant l’objet de la réunion de laquelle tous les Tutsi avaient été écartés : il s’agissait d’étudier la question de la guerre imposée par les Inkotanyi [3]. Le député va dire : « A partir de maintenant, lorsqu’un Hutu mourra, il aura été tué par un Tutsi ». Avant d’enterrer le Hutu, il faudra tuer tous les voisins tutsi. Après les applaudissements d’usage, est mis en place un comité directeur du Rassemblement hutu. Ceux qui le pouvaient verseront leur cotisation. A l’issue de cette réunion, il sera lui-même nommé responsable de la sécurité pour Kibungo. Une collation est servie : c’est Etienne NZABONIMANA qui ravitaille l’assistance en bières.

Certains participants sont allés à l’Économat Général du diocèse dans le but de perturber la sécurité, sous la direction de Melchias NTAHIMANA.

Le témoin rapporte que le 13 avril, NGENZI est bien venu à Kabarondo pour demander le renfort des militaires pour aller tuer les Tutsi à Kabarondo. Il l’a rencontré au camp Huye où lui-même avait été affecté sur ordre de RWAGAFILITA [4]. Il reverra NGENZI à l’IGA [1]. Il raconte les événements selon son point de vue.

Le 19 avril, nouvelle réunion à la préfecture de Kibungo : seul le bourgmestre de Rukira est absent. Il s’agit de destituer le préfet Godefroid RUZINDANA, opposé au génocide. Il le paiera de sa vie quelques jours plus tard. A cette réunion, chaque bourgmestre devait dire comment s’était déroulé le génocide dans sa commune. Suivra une réception au Camp Huye.

CYASA aurait revu NGENZI lorsqu’ils sont allés combattre les Inkotanyi [3] après que ces derniers eurent pris Kabarondo. Battus par les soldats du FPR, ils se sont enfuis le 21 avril. A partir de ce jour, CYASA n’a plus revu NGENZI qui avait fui en Tanzanie. Quant à lui, il avait pris le chemin du Congo.

Madame la présidente demande à son tour au témoin le sens de son surnom. En fait, CYASA serait un nom inspiré du coréen, Emmanuel HABIMANA ayant été instruit par ces derniers dans l’art du Shyatsu. Et de revenir sur son rôle véritable pendant la période du génocide : son adhésion forcée au MRND, sa participation active aux réunions, l’entraînement des Interahamwe. La réunion du 1 avril avait pour objectif de préparer le génocide. C’est RWAGAFILITA [4] qui fera distribuer des armes aux Interahamwe, distribution à laquelle il a lui-même participé. De confirmer aussi que les bourgmestres se rendaient bien au Camp Huye, contrairement aux affirmations de NGENZI qui prétendait qu’aucun civil ne pouvait y entrer. De confirmer aussi que chaque commune avait bien reçu des Kalachnikov que NGENZI est bien venu réclamer des renforts le 13 avril et qu’on lui a remis des armes et des munitions. Les militaires qui viendront à Kabarondo ont exécuté les ordres donnés par NGENZI.

Monsieur l’avocat général demande au témoin quel intérêt il a de dénoncer les autres. « Je ne le dis pas pour avoir une réduction de peine. J’ai été peiné par le génocide commis contre les Tutsi. Je ne peux pas couvrir ces massacres. Je ne peux pas ne pas dénoncer ceux qui y ont pris part » déclare le témoin.

RWAGAFILITA [4] ? « Il est venu de Kigali, a logé chez Callixte MATABARO, est retourné au Camp Huye où il a remis son uniforme et ses étoiles de colonel. Il était le représentant de la défense civile avec le colonel Anselme NKURIYEKUBONA. Il avait été démobilisé mais a repris du service ». (NDR. Comme Laurent SERUBUGA visé par une plainte et résidant dans le Nord de la France, ou encore BAGOSORA). Quant à savoir pourquoi lui-même a été mis en cause, HABIMANA répond sèchement qu’il n’est pas venu pour parler de lui.

Maître BOURGEOT signale que c’est le témoin qui a donné le plus de témoignages dans ce procès : 1500 côtes. Il connaît BARAHIRA mais n’a rien à dire sur lui.

Maître EPSTEIN revient sur la réunion du 1er avril. Interrogé par le TPIR en 2005, il n’avait pas dit que NGENZI y participait ! « NGENZI fait partie des bourgmestres ! » s’étonne le témoin. Le Club de Kibungo [5] c’est donc le Rassemblement des Hutu ? Le témoin confirme. L’avocat fait remarquer que l’OMA n’incrimine pas NGENZI pour les réunions qui ont précédé le 7 avril. Le témoin confirme aussi que les Interahamwe [2] ont bien été entraînés par des militaires français avant le génocide.

À maître CHOUAI qui s’étonne que le témoin, dans sa liste qu’il a donnée au TPIR dans l’affaire BIZIMUNGU et alias, ne figurait pas NGENZI, CYASA ne se laisse pas impressionner : « Le crime de génocide ne vieillit pas. Je n’avais pas terminé ma liste ». Quant à l’expression de « témoin professionnel » dont l’affuble l’avocat CYASA redit qu’il a décidé de ne pas couvrir ceux qui avaient participé au génocide.

 

Audition de Félicien KAYINGA, partie civile.

 

Le témoin raconte son arrestation alors qu’il se trouve chez son grand-père : ce sont les Simba Bataliani [6] qui lui demandent de le suivre. D’autres sont arrêtés à leur tour et on les conduit jusqu’à un centre de négoce à Rugazi.

Demande leur est alors faite de se séparer : « Quiconque se sait Tutsi doit aller de ce côté » leur dit-on. Ils sont 7 à se mettre à l’écart. Après une courte concertation, la décision est prise de les tuer : « Gardez courage, dit un ancien militaire, c’en est fini pour vous. On va vous tuer ! » Ils se sont alors assis sur la route, entourés d’Interhamwe [2]. Au coup de sifflet, les tueurs exécutent leur sale besogne. Félicien esquive le coup de gourdin qui devait l’atteindre : il sera laissé pour mort blessé à la tête d’un coup de machette et de gourdin. Tous les autres seront tués, dont son père et un oncle paternel.

Sur questions de madame la présidente, le témoin donne des précisions. Il sera transporté au Centre de Santé où il reçoit des soins de la part d’une infirmière, Goretti, et de GATETE.  D’autres blessés arrivent à leur tour. Deux jours après son arrivée, Goretti est partie se cacher, puis ce sera le tour de GATETE. Des points de sutures lui avaient été faits sans anesthésie, mais très vite ses plaies vont commencer à pourrir. Il n’y avait aucune sécurité en ces lieux.

Se souvient-il d’autres événements graves qui se seraient produits avant ? le témoin évoque le viol de jeunes filles qui revenaient en pleurant. Au Centre, il n’y avait rien à boire ni à manger. Le 13 avril, il a clairement perçu les bruits de tirs en provenance de l’église, et ce à partir de 11 heures, jusqu’au soir [7]. Une centaine de personnes, blessées ou pas, sont venues se réfugier au Centre de Santé en provenance de l’église. Du personnel de la Croix Rouge est passé et leur a remis de la pénicilline.

Il pense que l’attaque du Centre de Santé s’est déroulée le 17 avril, mais sans certitude. De raconter alors les bruits qu’il entendait : bruits de houes lors du creusement de la fosse où ils devaient être enterrés. Les rescapés ont alors été sortis : ceux qui ne pouvaient pas marcher ont été portés vers la fosse. NGENZI se serait trouvé là, tout près de la citerne, et aurait donné l’ordre de tuer les Tutsi car il fallait nettoyer le Centre de Santé. Une cinquantaine de personnes seront tuées ce jour-là, sur instruction de NGENZI.

Comment a-t-il pu s’en tirer ? Arrivé devant la fosse, il a dit qu’il était Hutu et que s’ils le tuaient, ils le tueraient pour rien. Madame la présidente lui fait remarquer qu’en confrontation il avait nié la présence de NGENZI ! Est-il vraiment sûr de l’avoir vu ? « Je n’aurais aucun intérêt à venir calomnier NGENZI » déclare le témoin.

Avant le génocide, le témoin avait souhaité entrer dans l’armée mais il avait été refusé à quatre reprises parce que Tutsi. Quant aux massacres de l’IGA [1], il en a entendu parler. Il ne connaît pas BARAHIRA. Il ne souhaite qu’une seule chose : que la justice soit correctement rendue.

Maître PADONOU souhaite que l’on projette un petit film des lieux. Cette projection n’apportera pas grand-chose à la compréhension des événements. Il a bien témoigné en Gacaca [8], mais pas à Kabarondo. Il a d’ailleurs été lui-même mis en cause : on avait voulu lui faire tuer un Tutsi mais avait refusé. Par vengeance, un Interahamwe [2] l’avait accusé d’avoir tué un certain Berckmans. De l’attaque qu’il a subie, il garde des séquelles. Les cicatrices qu’il porte sur la tête en attestent. Le 17, il confirme avoir vu NGENZI et avoir entendu les propos qu’il a tenus. Et d’ajouter : « C’est pénible d’entendre NGENZI nier ce que je dis. Il essaie de se défendre. Monsieur BAGOSORA n’a jamais rien reconnu non plus. C’est toujours difficile d’avouer. »

Maître CHOUAI s’étonne que le témoin parle aujourd’hui de « planification » concernant les réunions d’avant 1994. Il parle ensuite des propos de l’abbé INCIMATATA qui aurait dit que Félicien (le témoin) était mort. (NDR. Personne ne se souvient de cela. Il faudra vérifier). L’avocat souligne une fois de plus les contradictions qu’il note entre ses déclarations devant les gendarmes français et les propos qu’il tient aujourd’hui. L’avocat lui fait remarquer qu’il avait témoigné en Gacaca : faux, il a témoigné devant un tribunal de canton.

 

Audition de Donatille KANGONWA, partie civile.

 

Le dernier témoin de la journée évoque les événements des 7/8/9 avril : attaque des Simba Bataliani [6] et pillage des habitations, intervention de NGENZI, la mort de ses parents le 9 suite à une nouvelle attaque des Simba Bataliani. Le témoin s’est réfugiée dans la brousse avant d’être transportée dans la voiture du bourgmestre vers le Centre de Santé. Elle se rendra à l’église car il n’y a pas de médicaments au Centre de Santé. Au cours de l’attaque de l’église le 13 avril [7], elle sera grièvement blessée. La nuit, elle va se traîner tant bien que mal jusqu’au Centre de Santé où elle sera soignée pendant deux jours. Des instructions avaient été données de ne plus soigner les blessés. Madame KANGONWA parle ensuite des tueries perpétrées en ces lieux : tout le monde sera tué, les victimes dépouillées de leurs vêtements. Elle-même devra sa vie à un Interahamwe, MUSONERA, qui dit qu’elle est Hutu. Elle sera alors transportée sur un « brancard » jusque chez son beau-frère. Elle rejoindra ensuite le Camp de Kabarondo, puis l’hôpital de Kiziguro (NDR. Localité qui se trouve au nord de Kabarondo, au-delà de Murambi, où de nombreuses victimes sont mortes à l’église quelques jours plus tôt)

Le témoin raconte ensuite sa journée du 13 avril. Sortie de l’église, elle va essuyer le tir des militaires. Madame la présidente lui rappelle ses propos en présence des juges français : « Les autorités de Kabarondo ont dit d’arrêter les soins. NGENZI a pris tous les médicaments pour les enfermer au bureau communal. » Elle tenait cela de l’infirmière Goretti qui s’était excusée de n’avoir pu soigner les blessés. Elle recevra bien des soins à base de plantes médicinales chez son beau-frère : des vers pullulaient dans ses plaies. Avec l’arrivée des Inkotanyi [3], elle sera soignée à Kiziguro.

Sur questions de maître PADONOU, elle rapporte les propos anti-Tutsi de NGENZI à son père : « Arrêtez avec vos vaches. Il faut cultiver maintenant ! » Des gens demandaient à être achevés ? « Oui, même moi je l’ai demandé ! » Si elle a témoigné assise, c’est bien à cause de ses blessures qu’elle détaille et qu’elle voudrait montrer.

Sur question de l’avocat général, elle déclare qu’elle connaissait peu NGENZI : « Je ne pouvais pas lui parler. Il était très haut ! » C’est-à-dire qu’ils n’étaient pas du même niveau social. Elle revoit l’Interahamwe qui lui a sauvé la vie : il habite toujours à Kabarondo.

Intervient maître BOURGEOT. Elle ne connaît pas BARAHIRA. Par contre, elle connaît KANAMUGIRE, le témoin qu’elle demande de faire citer depuis le début du procès. Mais le témoin de préciser qu’il est en prison pour viol !

Maître EPSTEIN termine la série des questions. Il affirme que le témoin aurait dit que NGENZI avait apporté de la nourriture et du bois de chauffage. Non, c’est l’abbé INCIMATATA qui les a approvisionnés. La voiture de la commune a été utilisée, mais ce n’est pas NGENZI qui était là.

 

Alain GAUTHIER, président du CPCR

 

  1. IGA : Centre communal de formation permanente.
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  2. Interahamwe : « Ceux qui combattent ensemble » ou « qui s’entendent », mouvement de jeunesse et milice recevant une formation militaire, créé en 1992 par le MRND, le parti du président HABYARIMANA. Voir FOCUS – Les Interahamwe.
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  3. Inkotanyi : Combattant du FPR (terme utilisé à partir de 1990). Cf. “Glossaire“.
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  4. Le colonel RWAGAFILITA (ou RWAGAFIRITA) était chef d’état-major adjoint de la gendarmerie depuis 1979 lorsqu’en 1990 il explique au général VARRET sa vision de la question tutsi : “ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider”. Il sera mis à la retraite “d’office” en 1992 avant d’être rappelé, avec Théoneste BAGOSORA, pour “venir aider” au début du génocide. Sous le régime HABYARIMANA, il avait été décoré de la Légion d’Honneur par la France!
    Voir le glossaire pour plus de détails et le témoignage de son neveu Manassé MUZATSINDA, ex-policier communal.
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  5. Club de Kibungo : au départ un groupe d’entrepreneurs qui avait vocation à dynamiser le commerce, il aurait peu à peu dérivé vers des motivations ethnistes “pro-Hutu de l’Est”.
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  6. Simba Bataliani : dangereux groupe armé constitué d’anciens militaires des FAR, souvent cités pour leurs exactions meurtrières dans la région de Kabarondo.
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  7. Attaques du 13 avril à l’église de Kararondo : voir entre autres les auditions de l’abbé INCIMATATA, Christine MUTETERI, Marie MUKAMUNANA, Berthilde MUTEGWAMASO, Benoîte MUKAHIGIRO et Francine UWERA.
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  8. Gacaca : (se prononce « gatchatcha »)
    Tribunaux traditionnels au Rwanda, réactivés en 2001 et opérationnelles à partir de 2005, en raison de la saturation des institutions judiciaires pour juger des personnes suspectées de meurtre pendant le génocide. Composées de personnes élues pour leur bonne réputation, les Gacaca avaient une vocation judiciaire et réconciliatrice, favorisant le plaider coupable en contrepartie de réduction de peines. Près de 2 millions de dossiers ont été examinés par 12000 tribunaux gacaca avant leur clôture officielle le 18 juin 2012.
    Cf. glossaire.
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