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Procès en appel de SIMBIKANGWA. Vendredi 18 novembre 2016. J16

Valérie Bemeriki, ancienne animatrice de la RTLM en prison à Kigali
Valérie Bemeriki, ancienne animatrice de la RTLM en prison à Kigali
(photo : Jon Cuesta / www.eldiario.es ©DR)

La journée commence par un incident. Valérie BEMERIKI, qui devait être entendue en visioconférence, refuse de s’exprimer en Français. Comme elle n’en avait pas fait la demande avant, il n’a pas été prévu d’interprète. L’audition sera reportée à l’après-midi.

La défense en profite pour faire « une demande de refus de passer outre » sur fondement de procès équitable concernant monsieur RUGGIU [1] qui refuse de venir témoigner. Maître BOURGEOT va jusqu’à demander un renvoi d’audience, traitant le témoin de « personnage farfelu ». Elle en profite pour signaler que Valérie BEMERIKI a été considérée par le TPIR comme « un témoin non-crédible ». Et d’ajouter : « Ce procès doit se tenir avec RUGGIU et BEMERIKI afin qu’on puisse les interroger et les confronter.

Seconde demande de la défense concernant monsieur Sam Gody NSHIMIYIMANA. Elle dépose “une demande d’opposition à témoignage”. Il serait inéquitable de l’entendre dans la mesure où son témoignage porte sur des faits de tortures qui sont prescrits [2].

Maître PHILIPPART fait une remarque pertinente: “Puisque RUGGIU est un affabulateur, laissons-le de côté. Ne lisons pas son témoignage. C’est un menteur.” Quant à la visioconférence, “c’est une fausse bonne idée puisqu’il refuse.” Puisque RUGGIU n’est pas un témoin déterminant, on pourrait s’en passer.

Quant à “l’opposition à faire témoigner” Sam Gody, il est un obstacle légal, la prescription. Mais il est entendu comme simple témoin, monsieur NSHIMIYIMANA venant témoigner “sur le CV de SIMBIKANGWA et sur la presse.” “Il n’y a donc aucune raison d’accepter.”

Monsieur CROSSON DU CORMIER prend la parole. “Une nouvelle fois on a un procès dans le procès.” Il revient sur la notion de compétence universelle : c’est difficile mais… Il faudrait refuser de passer outre dans le cas de RUGGIU ? “Mais RUGGIU n’est pas un de mes employés. Il a donné des éléments qui ne font pas plaisir à la défense.” Qu’on change la loi ? “Mais on est tenu par la loi existante.” De poursuivre :”Je regrette que ce témoin ne veuille pas venir. J’ai le droit de faire citer des témoins de personnalité. RUGGIU n’est pas le témoin qui a fait condamner SIMBIKANGWA.” Et puis, il existe un “obstacle majeur” : “RUGGIU vit en Belgique, il est impossible de le contraindre.”

Concernant Sam Gody, il donnera des éléments d’information qui ne feront pas plaisir à SIMBIKANGWA. Il ne peut y avoir atteinte à la présomption d’innocence puisque l’accusé ne pourra pas être poursuivi ni condamné pour torture, les faits étant prescrits. Et de conclure : “Je vous demande d’entendre Sam Gody parce que je l’ai cité.”

Maître EPSTEIN conteste la notion de simple témoin et de témoin qui ne serait pas déterminant : “Ça n’existe pas en Cour d’assises.”

Au tour de SIMBIKANGWA de commenter. “Madame BEMERIKI a évoqué une pression qu’elle subirait. Mais laquelle ? La haine ethnique existe encore et elle est entretenue par IBUKA. Il y a eu un génocide des Hutu, j’ai perdu beaucoup de monde. IBUKA n’a pas compris qu’il faut se réconcilier. Il est temps que les Rwandais se mettent ensemble.” De commencer alors à parler de Sam Gody, de lire certaines de ses déclarations. Le Président l’arrête en lui faisant remarquer qu’il cite ce témoin alors que ses avocats demandent de ne pas l’entendre ! (NDR. Cette demande sera refusée par la Cour).

 

Audition de Valérie BEMERIKI [3], en visioconférence de la Prison Centrale de Kigali.

Le témoin commence par dire qu’elle ne connaissait pas SIMBIKANGWA personnellement avant le génocide, mais elle n’avait pas de bonnes informations sur lui. Les personnes qui le fréquentaient à son office signalaient de “mauvais agissements.”

Pendant le génocide, il est venu plusieurs fois à la RTLM. Comme il ne pouvait monter à l’étage à cause de son handicap, le directeur, Phocas HABIMANA le rejoignait à sa voiture et à son retour il faisait part de leur conversation.

A propos du journal Kangura, le témoin rapporte que Hassan NGEZE, le directeur, lui aurait dit que “toutes les informations contenues dans le journal étaient dictées pas SIMBIKANGWA.” Ce journal diffusait les mêmes messages que la RTLM : “Propager la haine, semer la haine sur base ethnique.”

Le 17 avril, Valérie BEMERIKI dit avoir rencontré SIMBIKANGWA à la barrière du bureau de Gitega, en direction de Nyamirambo. L’accusé serait arrivé dans une voiture blanche et en apercevant celle de la RTLM il se serait écrié : “Bravo ! Votre radio fait du bon travail. Continuez ! Nous vous soutenons, nous sommes ensemble, combattons notre ennemi le FPR et les Tutsi !” En discussion avec un militaire, il était acclamé par les Interahamwe [4]. Le témoin s’est approché d’eux et elle a pu assister à une remise de munitions. Il y en avait trois cartons, plus des fusils sur le siège et d’autres munitions sur les sièges. “Simbikangwa nous a encouragés à continuer pour que les Tutsi ne prennent pas le pouvoir.” Il est venu plusieurs fois à la RTLM puis elle ne l’a plus vu. “Il est allé à l’Île Maurice. » (NDR. En réalité, c’est aux Comores et à Mayotte qu’il s’est rendu!)

Sur questions du président DE JORNA, le témoin parle de la création de la RTLM : l’initiative en revient aux dirigeants tendance CDR des différents partis, aidés par un petit nombre de militaires. La ligne éditoriale était une ligne dure anti Tutsi.

De parler ensuite de son histoire personnelle à travers l’histoire du pays. “A 6 ans, j’ai appris l’histoire des Tutsi qui détestent les Hutu.” Elle avait 4 ans lors du renversement de la monarchie et de la prise de pouvoir des Hutu. “En avril 1994, on nous a dit que l’avion a été abattu par le FPR en collaboration avec les Tutsi ! Nous devions tout faire pour que les Tutsi ne prennent pas le pouvoir.” Et d’ajouter : “Nous croyions que cela était vrai. Je devais me battre pour moi-même, pour le pays.” Elle confirme que les messages de la RTLM étaient clairs : exterminer les Tutsi. Quant à elle, arrêtée au Congo, elle a été jugée par les Gacaca [5]. Elle a plaidé coupable après une formation au sein de la prison où elle était incarcérée mais on l’a condamnée à la perpétuité. Et de poursuivre : “Quand j’ai été arrêtée, je croyais que tous les Hutu avaient été exterminés. J’ai pourtant reçu des gens de ma famille à la prison. Ma conscience a commencé à me juger. Je devais me réconcilier avec moi-même. L’histoire apprise avant me conduisait nulle part. Aujourd’hui, nous sommes dans la bonne gouvernance.”

Le témoin évoque ensuite le cas RUGGIU [1]. Elle n’éprouve pas de jalousie à son égard, même s’il a été condamné à une peine beaucoup moins sévère qu’elle (12 ans de prison). Ce qui la préoccupe aujourd’hui, c’est son pays, ses compatriotes. RUGGIU n’était qu’un « passant ». La lourde peine qu’on lui a infligée est à la hauteur du crime qu’elle a commis. “Je me mets à la place des victimes, cela m’a rendu mon humanité. Cela me pousse à accepter ma peine. D’autres ont perdu les leurs, moi je suis en vie et je vois certains de mes proches !”

Valérie BEMERIKI est amenée à repréciser les circonstances dans lesquelles elle a connu SIMBIKANGWA qu’elle connaissait surtout de réputation, et à reparler de ses rencontres avec l’accusé. Elle ne fait que confirmer ce qu’elle a dit avant.

Lorsque le président évoque la posture de SIMBIKANGWA devant la Cour d’assises, madame BEMERIKI réagit : “Il accuse les gens de mentir et d’être manipulés parce qu’il est en Europe. Ce qu’il dit, c’est un pis-aller (sic). Tous ceux qui sont à l’extérieur n’avouent pas. Personne ne vient nous demander de dire ceci ou cela. Ceux qui sont à l’extérieur n’ont même pas pitié des petites gens qui sont en prison ! Quant à moi, j’ai donné les raisons qui m’ont poussé à me repentir et à demander pardon. Si je n’étais pas retournée au Rwanda, je serais morte sans savoir la vérité.

Questionnée par monsieur HERVELIN-SERRE, l’avocat général, le témoin précise que Ephrem SETAKO habitait bien Kiyovu avec d’autres personnalités et qu’elle a bien assisté à une réunion le 8 avril avec des membres de l’État Major. Il y avait beaucoup d’officiers supérieurs aussi. Valérie BEMERIKI reprécise les circonstances de sa rencontre avec SIMBIKANGWA sur la barrière de Gitega et ajoute qu’après le bombardement de la RTLM le 17 avril ils ont continué à émettre à partir de la cave du bâtiment.

Monsieur CROSSON DU CORMIER questionne le témoin sur les menaces dont elle ferait l’objet. “Ceux qui sont à l’étranger manipulent ceux qui sont en prison et certains me considèrent comme traître.” Lorsque l’avocat général lui dit que le TPIR a jugé son témoignage non crédible et qu’il l’a rejeté : “Ça ne m’étonne pas ! Ça devait être ainsi !” Et d’ajouter : “Espérer une remise de peine ? Ce serait bien mais ça ne diminuerait pas ce que j’ai fait. Contrairement à SIMBIKANGWA, j’ai reconnu les faits et j’ai demandé pardon !

Parole est donnée à la défense. “Votre nom apparaît pour la première fois dans un courrier que vous avez adressé au CPCR” commence maître EPSTEIN. “Alain GAUTHIER est venu vous voir avec sa secrétaire ! Votre lettre était écrite en Français !” Le témoin de rétorquer : “J’ai bien le droit de m’exprimer dans la langue de mon choix ! » L’avocat de la défense d’ironiser ensuite sur le contenu de la lettre : “Les informations que vous donnez sont complètement fausses. C’est ça la nouvelle histoire qu’on vous a apprise?” Madame BEMERIKI de répondre : “Si j’ai fait des aveux, cela veut dire que je dois dire la vérité. Le crime qui a été commis doit être sanctionné.”

Et maître EPSTEIN de lire l’avis du TPIR sur le témoignage de madame BEMERIKI : le témoin a beaucoup menti et a laissé une impression déplorable à la Chambre. D’où le rejet de ses dépositions.

Le président fait alors part des décisions de la Cour concernant les demandes de la défense. Concernant RUGGIU, elle décide de prononcer un « sursoit à statuer ». Elle ne renonce donc pas définitivement à le faire entendre. Elle prononce un “rejet de donner acte” concernant la demande d’opposition à témoigner de Sam Gody.

 

Audition de Sam Gody NSHIMIYIMANA, journaliste.

Le témoin commence son audition par dire qu’avant 1994 il y avait des signes avant-coureurs du génocide et que SIMBIKANGWA faisait la chasse aux journalistes qui tiraient la sonnette d’alarme. “J’ai été torturé par lui. J’avais écrit un article sur les Escadrons de la mort. Ils m’ont attrapé, torturé pour savoir d’où je tenais mes informations. Il m’a fait signer un document dans lequel je m’engageais à ne plus rien écrire sur lui et sur les Escadrons de la mort. Mais j’ai continué à dénoncer. Il m’a torturé personnellement.

Maître PHILIPPART lui demande de préciser la date de ces événements : décembre 1991. Elle interroge le témoin pour savoir s’il connaît d’autres journalistes qui auraient subi le même sort. Il cite un certain Boniface, du Journal Umurangi qui a été frappé aux pieds et en est devenu presque infirme.

Boniface NTAWUYRTUSHINTEGE torturé par le capitaine SIMBIKANGWA - Umurangi n°5 - 1992
Boniface NTAWUYRTUSHINTEGE torturé par le capitaine SIMBIKANGWA – Umurangi n°5 – 1992
(Source : Genocide Archive of Rwanda)

Sam Gody raconte qu’il a lui-même écrit un article intitulé Laissez-moi vous raconter mon séjour à Rome. “Je comparais SIMBIKANGWA à un pape sur son siège.” L’avocate du CPCR cherche à connaître les fonctions du SCR. Le témoin, après avoir reconnu qu’il avait bien fait une caricature de SIMBIKANGWA, messe macabre, précise que la cible du SCR était les journalistes qui dénonçaient les Escadrons de la mort. SIMBIKANGWA était devenu aussi la cible des journalistes. Mais de reconnaître qu’il n’y avait pas de censure systématique.

Ijambo - aout93
Le président HABYARIMANA, célèbre une messe sanglante. Au premier plan, Pascal SIMBIKANGWA, reconnaissable dans sa chaise roulante. Kiberinka n°5 – decembre1991

Interrogé sur son journal Kiberinka, le témoin rapporte qu’il avait fait allusion à la mort de sœur LOCATELLI, une religieuse italienne de Nyamata tuée par les miliciens. “J’ai photographié le corps de gens percés de lances et on m’a enlevé mes photos.” Le témoin de poursuivre que Hassan NGEZE [6] était “l’intelligence de SIMBIKANGWA dans sa haine.”

A maître FOREMAN, le témoin confirme qu’il y avait bien des cachots au SCR, des petits bureaux dans l’enceinte même de la Présidence. Quant à son Journal Kiberinka, il n’était pas lié au FPR, mais à l’opposition en général. “Si l’on ne partageait pas leur idéologie, on nous considérait comme complice du FPR.

L’avocat général, monsieur HERVELIN-SERRE, interroge à son tour le témoin. Ce n’était pas dans les attributions du SCR de censurer, mais ils le faisaient sans mandat. “SIMBIKANGWA prenait des initiatives, il avait ses propres agents.” On peut parler de réseaux parallèles au SCR. En avril 1992, les choses n’ont pas changé. On comptait les morts, les disparus (massacres au Bugesera). Et le témoin d’ajouter : “Toute la population de la ville connaissait SIMBIKANGWA, « l’homme de la mort ». Comment, tu as rencontré SIMBIKANGWA et tu es vivant ?” disait-on. Certains de ses articles étaient signés par NGEZE [6].

Monsieur CROSSON DU CORMIER revient sur le terme “Akazu”. Le témoin rappelle que c’était “le cercle des gens qui se connaissaient, originaires de la régIon du Président, très influents. Les beaux-frères de HABYARIMANA en faisaient partie, tout comme SIMBIKANGWA ainsi que les militaires haut-gradés des communes de Giciye et Karago.” C’est bien Christophe MFIZI qui est à l’origine du mot. Sam Gody confirme que le mot peut être rapproché du terme “Nomenklatura”.

Quant à Janvier AFRIKA, il l’avait bien connu. Il était cuisinier à l’hôtel Amahoro. Il le servait quotidiennement. Recruté par les Escadrons de la mort, il a quitté et a dénoncé ses crimes. Il s’est fait journaliste à Umurava. Emprisonné, il s’est évadé. Son père était le vétérinaire des vaches de HABYARIMANA. Par contre, il n’a pas été retourné par le FPR.

Maître BOURGEOT, pour la défense, s’étonne que Janvier AFRIKA ait pu écrire des articles contre SIMBIKANGWA dans Umurava. Le témoin n’a pas de réponse. Quant à savoir si le procès actuel est très médiatisé au Rwanda, le témoin reconnaît que ce n’est pas le cas. “Et les exactions du FPR, on en parle?” demande l’avocate. Le témoin de répliquer : “C’est le procès du FPR ? ” Maître EPSTEIN veut savoir si le témoin établit des liens entre SIMBIKANGWA et Kangura. Ce dernier confirme puisqu’il écrivait des articles et payait les factures. Pour contredire Sam Gody, l’avocat de la défense lit le commentaire du juge d’instruction qui déclare qu’il n’y a pas de lien entre SIMBIKANGWA et NGEZE [6]. Le témoin de conclure : “C’est son avis !”

 

Audition de Venance MUNYAKAZI, employé de l’imprimerie nationale.

Le témoin déclare que SIMBIKANGWA était connu à l’imprimerie nationale. Il est venu à Nyamirambo le 9 avril 1994 avec SEZIBERA. Il est revenu le lendemain avec des armes dans sa voiture qu’il a distribuées aux réservistes. De préciser que l’imprimerie nationale et l’imprimerie scolaire étaient deux établissements d’État. Selon le témoin, SIMBIKANGWA venait à l’imprimerie et on lui amenait le journal jusqu’à sa voiture. On pratiquait la censure et on pouvait même retirer tous les numéros d’un journal. Après 1992, l’imprimerie nationale imprimait des journaux d’opposition. SIMBIKANGWA lui reprochait de laisser passer certains articles. Il sollicitait leur collaboration pour saboter certains journaux. “SIMBIKANGWA tenait son pouvoir du fait de sa proximité avec la Présidence.”

Questionné sur son ethnie, monsieur MUNYAKAZI dit qu’il est Hutu mais qu’il était menacé : il cachait des Tutsi chez lui. Il a réussi à quitter Kigali le 11 avril. Mais c’était difficile, il y avait des morts aux barrières. C’est le FPR qui a sauvé les voisins qui étaient réfugiés chez lui.

Maître FOREMAN se fait préciser que la presse de SIMBIKANGWA était bien anti Tutsi. L’accusé est venu deux fois à Nyamirambo avec le chef de secteur SEZIBERA. Il y avait des armes dans sa voiture qu’il conduisait lui-même.

Monsieur HERVELIN-SERRE fait préciser au témoin la topographie des lieux pour savoir où étaient situés Kiyovu, Gitega et Nyamirambo. L’avocat général lui signale que lors de son audition par le TPIR en 2001 il n’a pas évoqué la présence des armes alors qu’il en parle aux enquêteurs français en 2010.

Maître BOURGEOT demande au témoin si cela ne le gênait pas d’imprimer des journaux extrémistes. Ce dernier ne répond pas. L’avocate de poursuivre : “En 2001, vous dites avoir quitté Kigali le 9 avril et en 2010 vous parlez du 11. Une contradiction de plus !

SIMBIKANGWA à qui on donne la parole en dernier souligne les contradictions dans les propos des témoins, comme dans ceux de Valérie BEMERIKI. Il déclare que maître FOREMAN et monsieur GAUTHIER n’ont pas compris. (NDR. Pas compris quoi ? On ne le saura pas).

 

Alain GAUTHIER, président du CPCR

  1. Inquiet pour sa sécurité et pour la préservation de sa vie privée, Georges RUGGIU avais déjà refusé de témoigner lors du procès en première instance. Citoyen belge, il était journaliste et animateur à la RTLM. Dans ce cadre, il a diffusé des émissions qui ont incité au meurtre ou à des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale des Tutsi et ont constitué des actes de persécution envers les Tutsi, ainsi que certains Hutu et citoyens belges. Ayant plaidé coupable, il est condamné par le TPIR, en 2000, à 12 ans de prison (Cf. “Glossaire“).
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  2. La Cour prononcera un “rejet de donner acte” et Sam Gody NSHIMIYIMANA sera entendu le jour même au cours de l’après midi.
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  3. Valérie BEMERIKI, ancienne journaliste à la RTLM (Radio Télévision des Mille Collines) a été condamnée à perpétuité par une tribunal Gacaca en 2009.
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  4. Interahamwe : « Ceux qui travaillent ensemble », mouvement de jeunesse et milice recevant une formation militaire, créé en 1992 par le MRND, le parti du président HABYARIMANA. Cf. “Glossaire“.
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  5. Gacaca : Tribunaux traditionnels au Rwanda, réactivés en 2001, en raison de la saturation des institutions judiciaires pour juger des personnes suspectées de meurtre pendant le génocide. Composées de personnes élues pour leur bonne réputation, elles ont une vocation judiciaire et réconciliatrice. Voir le glossaire pour plus de détails.
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  6. Éditorialiste du journal Kangura. Voir l’audition de Jean-François DUPAQUIER et dans “Rwanda, les médias du génocide“ de Jean-Pierre CHRÉTIEN, Jean-François DUPAQUIER, Marcel KABANDA et Joseph NGARAMBE – Karthala, Paris (1995).
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