
À partir du 17 novembre 2026 se tiendra, aux assises de Paris, le procès de Madjaliwa SAFARI, un ancien commerçant prospère de NYANZA (province du Sud du Rwanda). Il est accusé d’avoir participé au génocide de 1994 en ordonnant l’exécution de civils tutsi, dont des enfants, notamment à la barrière de Bigega dite « Chez Premier » ainsi qu’aux attaques meurtrières du clan des Abakono.
Après avoir été condamné à 15 ans d’emprisonnement par une gacaca[1] en 2007, Madjaliwa SAFARI s’est enfui en France près de Tours en 2009 avec sa famille. Il a obtenu le statut de réfugié en 2017. Les autorités rwandaises avaient alors émis un mandat d’arrêt contre lui avant de demander son extradition en 2019 pour qu’il soit jugé au Rwanda, mais comme toujours la France a refusé. L’enquête a ensuite été confiée par le Pnat (parquet national antiterroriste) à un juge d’instruction spécialisé dans les crimes contre l’humanité à Paris.
Interpellé le 4 juillet 2023 par les policiers de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH) puis mis en examen le 7, Madjaliwa SAFARI est inculpé et placé en détention provisoire. Le 29 octobre 2024, le Pnat demande sa mise en accusation. Le 6 décembre 2024, Madjaliwa SAFARI est renvoyé devant la juridiction criminelle pour génocide et crimes contre l’humanité.
Le verdict est attendu le 14 décembre.
Le procès est ouvert au public dans la limite des places disponibles [2].
- Gacaca : (se prononce « gatchatcha »)
Tribunaux traditionnels au Rwanda, réactivés en 2001 et opérationnels à partir de 2005, en raison de la saturation des institutions judiciaires pour juger des personnes suspectées de meurtre pendant le génocide. Composées de personnes élues pour leur bonne réputation, les Gacaca avaient une vocation judiciaire et réconciliatrice, favorisant le plaider coupable en contrepartie de réduction de peines. Près de 2 millions de dossiers ont été examinés par 12000 tribunaux gacaca avant leur clôture officielle le 18 juin 2012, cf. glossaire.[↑] - Le procès se tient au Palais de Justice de l’île de la cité, 10 boulevard du Palais dans le 1er arrondissement de Paris.
Mieux vaut vous présenter à l’avance car il y a plusieurs contrôles des cartes d’identité et des sacs à l’entrée, l’attente est parfois longue. Suivre ensuite le fléchage « Pôle 2 – Chambre des appels correctionnels » pour atteindre la salle de la cour d’assises « Georges Vedel » où se déroulent les audiences. Le Tribunal de Paris a publié un itinéraire détaillé sur son site :
[↑]
CPCR – Collectif des parties civiles pour le Rwanda Pour que justice soit faite
