- Audition de Nicolas PHILIPPOTIN, directeur de l’OCLCH
- Audition d’Alphonse KAREMERA
- Diffusion du documentaire “KIGALI : des images contre un massacre”
L’audience démarre à 9h12. Madame Aude DURET, avocate générale, souhaite faire diffuser un extrait de 10 minutes du documentaire “Kigali : des images contre un massacre” pour faire un trait d’union entre le contexte et le fond. Pas d’opposition des avocats des parties civiles ni des avocats de la défense. La défense souhaite ensuite s’entretenir avec son client pendant une heure avant vendredi. Cependant le président indique qu’une heure c’est impossible, mais qu’ils trouveront néanmoins un moment. Le prochain témoin, Nicolas PHILIPPOTIN est appelé à la barre.
Audition de monsieur Nicolas PHILIPPOTIN, directeur de l’OCLCH
Il est demandé au témoin de décliner son identité (Nicolas PHILIPPOTIN, né en 1975) son domicile (Issy-les Moulineaux), et sa profession, (directeur de l’OCLCH – Office central de lutte contre les crimes contre l’Humanité, les génocides et les crimes de guerre).
Monsieur PHILIPPOTIN commence par un rappel historique. En 1945, avec les procès de NUREMBERG, des concepts forts sont fondés : ceux de génocide et de crime contre l’Humanité. Il précise que cette facette n’est qu’un point de départ puisqu’à l’époque il n’y a pas de spécificité sauf militaire. Pour la gendarmerie, l’histoire commence en 1987 avec le procès TOUVIER, car la gendarmerie reprend le procès, avec des expertises pendant 25 ans sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Cette unité travaille avec la communauté internationale et aurait pu continuer de rester avec la section de recherche de PARIS. Néanmoins en 1998, la France signe le Statut de Rome et cela amène à la mise en place d’outils de coopération. La justice met en place son pôle CCH (Crime Contre l’Humanité) et la gendarmerie (plus précisément l’État) met en place l’OCLCH en 2013.
L’OCLCH détient trois missions, à savoir les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide. En 2021, leur mission s’est étendue aux crimes de haine. Il s’agit selon le témoin d’un détail important puisqu’il y a une connexion réelle entre crime de haine et crime contre l’humanité : “Sans haine il n’y aurait sûrement pas eu la Shoah”. Il précise que pour réaliser ses missions, il y a 40 personnes.
Il explique ensuite que l’OCLCH s’organise en 3 divisions thématiques, une division crime de haine, composée de 10 personnes et qui travaillent principalement sur les crimes en ligne. Une division sur les crimes contre l’humanité, de génocide et de guerre ; avec une partie relations internationales puisqu’elle s’inscrit dans des réseaux de connaissances, d’échanges d’informations. Et pour finir, une division de stratégies de coopération internationale, celle-ci ayant deux spécificités. Dans un premier temps, elle réalise des notes de contexte qui permettent de contextualiser les infractions : “Sans contexte on ne peut pas juger”.
Dans un second temps, il explique l’importance de la société civile, et notamment des associations et ONG, et cite ensuite comme exemple Klaus BARBIE, “qui n’aurait jamais été arrêté sans le travail des associations”, et indique qu’il en allait de même pour le procès TOUVIER. Le témoin explique ensuite qu’au sein de l’OCLCH, “il y a un besoin d’indépendance et d’impartialité dans les enquêtes” et qu’ils doivent donc se mettre à distance. Il ajoute : “l’objectif principal est de mettre les éléments recueillis en perspective pour trouver la véracité des faits donnés par les témoins, archives, preuves apportées, tout en étant sous le contrôle des magistrats pour les procès”. Il explique ensuite que les enquêtes se passent toujours à l’international car aujourd’hui, tous les procès qui se sont organisés et vont se passer, grâce à la compétence universelle de la cour en France, sont liés à des crimes commis à l’étranger, par des étrangers. Il indique qu’ils ne peuvent pas faire leurs enquêtes sans être à l’étranger. Lorsqu’ils sont à l’étranger, ils travaillent toujours sous couvert de la France, mais leur travail repose sur la qualité de ce que les autres pays leur donnent comme informations et qualité de travail et ils doivent s’adapter au pays puisqu’ils sont sous la souveraineté de l’État en question. Le colonel PHILIPPOTIN explique ensuite le contexte particulier relatif au fait de travailler au Rwanda : “Particulier car il est permis de faire des auditions hors de la présence de forces militaires rwandaises ou enquêteurs rwandais”. Il souligne la marque de confiance et de qualité de travail que le Rwanda leur permet de faire.
Il termine sa déclaration en précisant qu’aujourd’hui ”ils travaillent par séquences préparées par un précurseur (un gendarme envoyé sur les lieux), et que ce travail n’est pas toujours évident que ce soit pour le travail de localisation ou pour les témoins qui peuvent être introuvables”.
Questions du président de la cour :
Le président interroge le témoin sur sa date d’arrivée à la tête de l’OCLCH, ce à quoi il répond qu’il est arrivé le 1er février 2026. Il précise ensuite les profils des enquêteurs de l’OCLCH et leurs formations ; à savoir que ce sont des anciens des unités de recherches (il s’agit d’enquêteurs chevronnés en police judiciaire dont le contentieux est tourné vers les enquêtes complexes), où les enquêteurs passent 3 à 5 ans puis passent des formations en investigations et direction d’enquêtes. Il précise que ces formations leur permettent d’avoir de bons réflexes. Il ajoute “qu’auparavant, les violences sexuelles n’étaient que très peu représentées lors des enquêtes, tandis qu’aujourd’hui grâce à ces formations, elles seront très représentées. Ces enquêteurs auront accès, avant de démarrer l’enquête, aux notes de contexte afin de bien connaître le sujet”. Sur les enquêtes en cours en lien avec le génocide des Tutsi, le témoin indique qu’il y en a entre 40 et 50 procédures aujourd’hui.
Le président interroge ensuite monsieur PHILIPPOTIN sur les éventuelles pressions que pourraient subir les témoins au Rwanda, ce à quoi il répond ne pas en avoir connaissance, “ni d’éléments attestant d’une telle pression de la part des autorités rwandaises”.
Le président s’étonne ensuite du temps de latence entre la plainte du CPCR contre Eugène RWAMUCYO en 2007 et son arrestation “seulement le 26 mai 2010 sur l’indication d’un civil, monsieur DUPAQUIER”[1]. Le témoin explique que la première condamnation en France pour génocide date de 2014 et précise qu’il n’a pas participé à la procédure sur Eugène RWAMUCYO. Le président l’interroge sur la place de l’accusé dans le spectre de cet Office. Il répond qu’aujourd’hui, lorsque l’office s’intéresse à des acteurs de génocide, il s’agira toujours “de la tranche haute, c’est-à-dire des gens qui ont été des acteurs directs, qui ont poussé au génocide”. Il précise que les enquêtes sont rarement sur des personnes qui étaient sur les barrières. Sur les détenus qui pourraient subir des pressions en témoignant, il rappelle qu’il n’y a plus d’enjeux parce qu’ils sont déjà condamnés et que pour la majorité d’entre eux, des peines extrêmement longues ont déjà été prononcées. Pour le témoin, ils n’ont presque aucune chance de subir des pressions.
Questions des avocats des parties civiles :
Le témoin explique qu’il n’y a pas de de protocoles particuliers à suivre avec les témoins lors des auditions, et précise que “les victimes ne se sentent pas victimes d’un génocide mais victimes tout court”, et qu’ils font “en sorte de donner le plus de confort aux témoins pour qu’ils se sentent en confiance”. Il indique également qu’il y a un examen précis des témoignages, et qu’il faut les mettre en perspective avec les différents éléments de preuves.
Questions de l’avocate générale, madame Aude DURET :
L’avocate générale évoque le site “rwamucyo.com” et demande si l’on peut se baser sur des paroles après les faits de 1994. Le témoin explique que les prises de parole de l’accusé, qui viennent de lui, “sont effectivement plus éclairantes et intéressantes pour comprendre les faits”. Sur la manière dont sont choisis les témoins au Rwanda, il explique que les listes sont fixées en échangeant avec un magistrat français, puis rappelle à l’attention des jurés que “la police judiciaire s’occupant de l’enquête est sous l’autorité du magistrat”. Il explique également que l’OCLCH doit être en capacité d’apporter à la justice des éléments de fond exploitables. Il précise cependant que sur un crime contre l’humanité, les techniques sont très différentes, surtout 30 ans après, puisqu’ils se basent beaucoup plus sur les témoignages. Concernant les élites et les intellectuels, il indique “qu’ils sont les commanditaires, ils actionnent, ils n’ont pas de sang direct sur les mains”.
Il termine en rappelant qu’il y a bien derrière les discours de haine, des résultats concrets : “Si on appelle les Tutsi “cafards”, c’est pour donner l’idée qu’on peut les écraser et les tuer sans problème comme on le ferait avec un cafard”.
Questions des avocats de la défense :
Monsieur PHILIPPOTIN est interrogé sur le recueil des témoignages sur place au Rwanda. Le témoin explique de nouveau qu’un précurseur est envoyé sur les lieux pour travailler avec les personnes sur place, localiser les témoins pour ensuite s’occuper du trajet et de l’accueil. Il précise ensuite qu’il travaille avec le parquet général au Rwanda et le système de protection des témoins.
Maître COHEN s’exprime ensuite : “Vous faites une distinction en matière de responsabilité entre, celui qui se trouve sur les barrages, et celui qui va tenir des discours haineux. Vous mettez sur un plan inférieur une personne qui a éventré des femmes, tué des enfants ; on parle de torture et de barbarie ici, monsieur?” Ce à quoi le témoin répond qu’il n’a pas dit cela et ajoute : “Pour moi les gens à l’origine de ce genre de faits sont au-dessus de celui qui va tenir l’arme. Cette notion-là est très spécifique, il ne s’agit pas de nier les crimes de génocide, mais il y a une nuance entre celui qui va permettre de faire ces actes et celui qui se fait embrigader par un discours”, ce qui n’enlève rien à la responsabilité de tous ces acteurs. (NDR : La défense ne semble toujours pas maîtriser le dossier. Il ne s’agit pas de barrages mais de barrières, sur lesquels les Tutsi étaient achevés sans autre forme de procès).
La défense évoque ensuite la coordination avec les autorités locales, la loi de 1996 du Rwanda et demande : “Quand on sait que les autorités locales ont été rattachées au FPR, est-ce qu’il n’y a pas un risque d’orientation des enquêtes?”.Le témoin indique qu’il n’y a pas d’orientation des enquêtes et qu’il n’a pas de raison de douter de la manière dont les choses se passent. La défense finit par nier le lien entre un discours de haine et les crimes contre l’humanité, et le colonel PHILIPPOTIN leur précise : “Les discours ont des conséquences et on ne peut pas simplement se dire que ce ne sont que des paroles”.
La défense finit par remettre en question la légitimité de ce témoignage et l’expertise du témoin puisqu’il n’était pas sur les faits et n’a pas été présent lors des procédures. (NDR : la défense n’a pas l’air d’avoir compris le concept de témoin de contexte).
L’audience est suspendue à 11h30 et reprend à 14h09 avec l’audition d’Alphonse KAREMERA, en visioconférence depuis Villeurbanne.
Audition de monsieur Alphonse KAREMERA
Il est demandé au témoin de décliner son identité (Alphonse KAREMERA, 75 ans) son domicile (VILLEURBANNE), et sa profession, (Doyen de la faculté de médecine de l’UNR, médecin ophtalmologue à l’hôpital universitaire de BUTARE). Le président lui rappelle qu’il n’a pas l’obligation de répondre aux questions et peut garder le silence s’il le souhaite.
(NDR : le témoin a été condamné à 30 ans de prison par les juridictions Gacaca et a été mis en examen par le juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris en 2025).
Le témoin déclare spontanément : “Je réside en France depuis 25 ans. Dès qu’il y a eu ouverture du dossier de BUTARE et des médecins accusés de génocide, j’ai assité à toutes les commissions rogatoires qui m’ont été demandée, celles du Dr RWAMUCYO et du Dr. MUNYEMANA[2]. Lors des procès en assises, j’ai été appelé à témoigner mais vu mon état de santé je n’ai pas pu me rendre pour témoigner. J’ai eu un certificat médical et j’ai fourni un témoignage écrit. J’aurais aimé qu’il soit ajouté à mon dossier car je n’ai pas beaucoup de choses à ajouter ou retrancher. Je suis mis en examen pour des faits similaires et dans la même période. C’est pourquoi mon avocat m’a conseillé de ne pas répondre aux questions relatives à ce dossier qui est à l’instruction, car ça risque de léser mes intérêts. Je vais répondre sur le Dr RWAMUCYO, sur les fonctions que j’ai exercées au cours de cette période en question. Je regrette seulement que vous m’ayez convoqué en tant que témoin. J’aurais aimé être convoqué comme témoin assisté”.
Le président explique ce qu’est le statut de témoin assisté, à savoir un statut propre à une personne mise en cause dans le cadre d’une information judiciaire, sans qu’il n’existe pour le moment d’indices graves et concordants justifiant son placement sous le statut de mis en examen.
Questions du président de la cour :
À la demande du président, Alphonse KAREMERA retrace son parcours. Né au Rwanda dans la préfecture de GITARAMA, dans une famille paysanne, il effectue ses études secondaires au collège Notre-Dame de l’Étoile, qu’il termine avec distinction. C’est une infection tuberculeuse contractée durant sa scolarité, l’ayant contraint à une hospitalisation d’un an, qui lui donne l’envie de soigner les malades. Il entre à la faculté de médecine de l’UNR[3] en 1971 et obtient son doctorat en mars 1978. Il part en Belgique en 1982 pour se spécialiser en ophtalmologie, puis revient au Rwanda comme médecin spécialiste et enseignant. Il est élu doyen de la faculté de médecine en novembre 1990 par le conseil de faculté, mandat renouvelé en 1993, mais interrompu par les événements. Il quitte le pays avec sa famille en juillet 1994.
Sur la structure de la faculté de médecine, le témoin explique qu’elle était organisée en quatre branches : le bureau de la faculté chargé de l’enseignement, l’hôpital universitaire de Butare, le Centre universitaire de santé publique (CUSP), et le laboratoire universitaire.

Interrogé sur le directeur du CUSP, il précise que lorsqu’il a pris ses fonctions de doyen le poste de directeur était vacant en raison de problèmes juridiques ayant entraîné l’arrestation de l’ancien directeur, Abel DUSHIMIMANA, et de deux autres médecins. Libérés six mois plus tard, ils avaient été réintégrés dans leurs fonctions médicales mais pas administratives. DUSHIMIMANA souhaitait récupérer son poste de directeur, mais le recteur avait interdit à KAREMERA de le réintégrer dans ses fonctions administratives.
Concernant le recrutement du Dr RWAMUCYO, Alphonse KAREMERA explique que son dossier de candidature a été transmis à la faculté de médecine pour être examiné par le conseil de médecine – dont KAREMERA faisait partie. La candidature a reçu un avis favorable car le CUSP manquait d’un médecin spécialiste en hygiène et assainissement – domaine dans lequel Eugène RWAMUCYO était, à sa connaissance, le seul spécialiste au Rwanda à ce moment-là. Il affirme que ce recrutement s’est fait sans pression ni intervention extérieure, le dossier parlant de lui-même : “nous avions besoin d’un spécialiste de l’assainissement et de l’hygiène”.
Sur la personnalité de monsieur RWAMUCYO, Alphonse KAREMERA le décrit simplement comme quelqu’un de ”simple”, avant que le président ne donne lecture de ses déclarations à la gendarmerie en 2013, dans lesquelles il le qualifiait d’intelligent, compétent, éloquent, ambitieux et très perspicace. KAREMERA confirme ces termes : “Il avait de l’ambition, c’était louable”, et ajoute : “Il a vraiment un charisme de la parole. Il était convaincant”.
Le président questionne ensuite le témoin sur l’ONAPO (Office national de la population) mais celui-ci dit en connaître très peu à ce sujet. Il affirme également ne pas avoir su qu’Eugène RWAMUCYO y travaillait comme consultant analyste en matière de santé, d’environnement et de production agricole. Il précise qu’il n’aurait pas autorisé cette activité s’il l’avait su : “On est médecin recruté pour enseigner et servir la population – l’ONAPO ne rentrait pas dans ses missions”.
Sur d’éventuels propos anti-Tutsi de l’accusé rapportés par des étudiants, monsieur KAREMERA affirme n’avoir reçu aucune plainte en ce sens : “Non, sinon on l’aurait sanctionné, on ne peut pas tolérer des choses pareilles”. Le président relève que plusieurs étudiants ont pourtant fait de tels témoignages.
Alphonse KAREMERA confirme ensuite que jusqu’à la destitution du préfet le 18 avril, la préfecture de BUTARE était épargnée par les massacres. Des fumées des maisons incendiées étaient visibles au loin dans les collines, mais rien ne se passait en ville.
Après le 20 avril, l’hôpital commence à accueillir des blessés et des réfugiés. En tant qu’ophtalmologue, Alphonse KAREMERA indique ne pas avoir été sollicité aux urgences.
Sur la question de la prise en charge des Tutsi, le témoin est catégorique : “On ne soignait pas les gens en fonction de leur ethnie. Quand on accueillait les malades on ne demandait pas s’ils étaient Tutsi ou Hutu. Je n’imagine pas un instant un médecin spécialiste demander une pièce d’identité pour soigner un malade”.
À la question de savoir si à partir d’une certaine période il a constaté des cadavres dans les rues, Alphonse KAREMERA déclare n’avoir personnellement vu aucun cadavre entre le 6 avril et le 4 juillet 1994. Il précise que sa maison était située à HUYE, et qu’il n’y avait qu’une seule barrière sur le trajet pour se rendre à l’université. Il reconnaît finalement l’existence de deux barrières, après que le président ait mentionné celle située devant l’hôtel Faucon.
Alphonse KAREMERA confirme ensuite l’existence d’une note rédigée par Eugène RWAMUCYO alertant sur le risque épidémique lié à la présence de cadavres dans la ville et proposant des mesures d’ensevelissement. Il dit ne pas en avoir été surpris de cette note, le Dr RWAMUCYO étant spécialiste de l’hygiène.
Le président relève une contradiction : monsieur KAREMERA affirme n’avoir vu aucun cadavre, mais ne pas avoir été surpris par une note recommandant leur enfouissement. Monsieur KAREMERA répond que ce n’est pas parce qu’il n’en avait pas vu qu’il n’y en avait pas, et que ce n’était pas son rôle d’aller vérifier, n’ayant aucune responsabilité sur ce qui se passait en dehors de la faculté : “Je ne voulais pas me mêler de choses qui ne concernaient pas mon domaine “. Le président souligne alors que c’est pourtant lui qui a transmis la note au vice-recteur, et lui demande comment il peut prétendre n’avoir rien à voir avec la démarche. Alphonse KAREMERA répond que c’était “la voie royale” et qu’il voulait simplement aider Eugène RWAMUCYO à acheminer ses idées.
La cour le questionne ensuite sur la question médicale de la transmission de virus par les cadavres, et lui demande si l’enterrement était selon lui nécessaire. Alphonse KAREMERA répond que le risque épidémique était réel si les corps pourrissaient en ville sans être ensevelis, et qu’il n’a aucune raison de contester ce qu’Eugène RWAMUCYO disait à ce sujet.
À la question de savoir si le vice-recteur avait donné son accord pour procéder aux ensevelissements, Alphonse KAREMERA dit ne pas avoir reçu cette information. La cour lui soumet alors sa déclaration de 2013, dans laquelle il indiquait que le vice-recteur l’avait informé verbalement de l’accord du préfet. Face à cette contradiction, monsieur KAREMERA évoque un malentendu ou une confusion : “Je ne me souviens pas avoir répondu dans ce sens-là. Peut-être qu’ils ont confondu la question et la réponse”.
Il affirme ensuite n’avoir jamais vu Eugène RWAMUCYO procéder à des ensevelissements, ne connaître aucun des sites concernés, et n’avoir jamais échangé avec lui sur ce sujet.
Interrogé sur le reproche fait à Eugène RWAMUCYO de ne pas s’être rendu sur les lieux avec le matériel médical nécessaire pour soigner d’éventuels survivants, il dit ne pas savoir si ce dernier disposait de matériel. Invité à dire ce qu’il aurait lui-même fait en pareille situation, il répond que cela dépasse son domaine et préfère ne pas répondre. Sur le matériel médical dont disposait l’hôpital, Alphonse KAREMERA explique qu’il “ne peut pas se substituer aux fonctions du directeur de l’hôpital pour répondre. Néanmoins, il y avait une pharmacie où on pouvait aller chercher des médicaments, mais sur réquisitions des chefs des unités”. À la question de savoir s’ils faisaient la distinction parmi les personnes à soigner, le témoin explique que “le personnel ne faisait pas la distinction entre Hutu et Tutsi. On n’avait aucune donnée permettant de désigner l’ethnie des malades. Intuitivement, on savait que les personnes blessées étaient blessées et on les soignait. Mais on ne demandait pas s’il était Tutsi ou pas. On soignait le patient et ses problèmes.”
Sur les engagements politiques de l’accusé, Alphonse KAREMERA indique se souvenir avoir déclaré lors d’une commission rogatoire qu’il appartenait probablement à la CDR[4], mais précise qu’il s’agissait “d’une impression subjective sans preuve formelle, fondée sur ce qui se disait dans la rue”. La cour lui rappelle qu’il avait pourtant ajouté en 2013 qu’Eugène RWAMUCYO ne s’en cachait pas et que ses discours laissaient clairement percevoir cette appartenance. Devant la cour, Alphonse KAREMERA dit ne pas pouvoir confirmer et répète : “Je n’avais aucune preuve que RWAMUCYO appartenait à la CDR”. Questionné sur l’ethnie de monsieur RWAMUCYO, le témoin indique qu’il était Hutu, sans en avoir la certitude, et dit ne pas connaître l’ethnie de sa femme.
Sur la réunion du 14 mai 1994, le témoin précise que le vice-recteur lui avait demandé de préparer l’auditorium pour la venue du Premier ministre, Jean KAMBANDA[5], mais que ce n’est pas lui qui l’a accueilli. Il affirme n’avoir participé à aucune activité en rapport avec la réunion elle-même, hormis la préparation de la salle. Il se souvient vaguement qu’Eugène RWAMUCYO a pris la parole, sans pouvoir en préciser le contenu ni à quel titre il est intervenu. Concernant cette réunion, il ajoute : “À cette période-là à mon avis il [le premier ministre] est venu clandestinement parce qu’il avait peur des représailles du FPR[6]. C’est pour ca qu’on a déplacé le lieu de sa venue. On était en guerre. Il avait peur du FPR, qui se battait avec les militaires du gouvernement rwandais”.
Lorsque la cour lui rappelle ses déclarations de 2013 – dans lesquelles il indiquait que Jean KAMBANDA avait pour objectif de rassurer les intellectuels mais que ceux-ci n’étaient pas dupes de l’avancée du FPR – monsieur KAREMERA confirme : “On voyait qu’on était vaincus, donc je ne vois pas pourquoi il est intervenu. On n’était pas du tout protégés.”
Sur le FPR, il explique : “Avec le gouvernement rwandais (NDR : le gouvernement intérimaire), nous étions des citoyens du Rwanda. Un gouvernement a été mis en place et la population était derrière son gouvernement et moi je suivais les instructions du gouvernement qui était en place et on se battait contre le FPR qui voulait conquérir le pays. Personne n’était dupe la dessus. Ils voulaient conquérir le pays : personne n’était dupe”.
Sur son départ du Rwanda, Alphonse KAREMERA explique être passé par la zone Turquoise[7] pour rejoindre l’ex-Zaïre, affirmant à nouveau n’avoir vu aucun cadavre sur la route. Il passe ensuite par KINSHASA, la Centrafrique et la Côte d’Ivoire durant 5 ans, où il croise Eugène RWAMUCYO, avant de prendre l’avion pour la France en Novembre 2000. Il y obtient le statut de réfugié politique puis la nationalité française. Il indique avoir revu Eugène RWAMUCYO à l’OFPRA[8] et avoir échangé avec lui, sans se souvenir du contenu de cet échange.
Questions des avocats des parties civiles :
Sur l’appartenance d’Eugène RWAMUCYO à la CDR, Maître ZARKA lui demande ce qui permettait à l’époque d’identifier l’appartenance d’une personne à ce parti. Alphonse KAREMERA répond ne pas le savoir, la CDR n’étant pas son parti. Sur l’opposition Nord/Sud, Alphonse KAREMERA dit ne pas vouloir rentrer dans ces détails politiques. Il confirme toutefois que ce problème existait réellement et que la plupart des gens du Sud étaient considérés comme des Tutsi, mais refuse de se prononcer sur la question de savoir si le Nord avait bénéficié de davantage d’investissements de la part du gouvernement, rappelant qu’il n’est pas politicien.
Maître FALGAS l’interroge ensuite sur les documentaires réalisés par Eugène RWAMUCYO, mais le témoin dit n’en avoir eu aucune connaissance directe, précisant seulement qu’en exil il avait entendu dire qu’Eugène RWAMUCYO avait réalisé un film.
Sur les cadavres, il répète ne pas en avoir vu personnellement, tout en maintenant que cela ne signifie pas qu’il n’y en avait pas. “Cela ne vous a pas étonné que RWAMUCYO signale autant de cadavres aussi loin de la ligne de front?”, l’interroge Maître FALGAS. Alphonse KAREMERA répond qu’il ne nie pas qu’il y ait eu un génocide à BUTARE, mais que cette activité d’Eugène RWAMUCYO lui est étrangère. Maître BERNARDINI lui demande qui lui avait donné l’instruction de ne pas réintégrer Abel DUSHIMIMANA dans ses fonctions administratives, ce à quoi le témoin répond que c’est le recteur, Maurice NTAHOBALI.
Interrogé sur son quotidien avant le génocide, Alphonse KAREMERA explique que ses journées commençaient à l’hôpital pour voir les malades, puis à la faculté lorsqu’il avait des cours à donner. Pendant le génocide, il indique qu’il n’y avait pratiquement plus de malades venant se faire soigner pour des problèmes ophtalmologiques, et que ses activités académiques s’étaient arrêtées faute d’étudiants. Il confirme avoir pu circuler librement pendant la période du génocide grâce à des laissez-passer délivrés par la préfecture.
Questions de l’avocate générale, madame Aude DURET :
L’avocate générale demande la projection d’une carte de Butare, puis interroge Alphonse KAREMERA sur la présence de cadavres à la barrière de l’hôtel Faucon. Le témoin répond par la négative. Elle l’interroge ensuite sur l’existence d’une barrière devant l’entrée de l’hôpital universitaire, et Alphonse KAREMERA dit ne pas la connaître. Sur la raison d’être des barrières en général, il répond goguenard : “Oh la la… pour le contrôle des identités sans doute.”. Interrogé sur Phocas HABIMANA, membre du Cercle des Républicains de BUTARE, le témoin indique qu’il était médecin et chef du service de santé maternelle et infantile, mais dit ignorer que sa femme était directrice de l’ONAPO[9].
L’avocate générale lui rappelle qu’il avait déclaré en 2013 que l’UNR formait l’élite intellectuelle du pays — ce qu’il confirme à nouveau à 100%, ajoutant : “On a connu au moins 3 ou 4 ministres de la santé qui venaient de la faculté de médecine de BUTARE”, et évoque l’élimination systématique de cette élite. Sur l’innocence d’Eugène RWAMUCYO qu’il avait proclamée en 2013, Alphonse KAREMERA affirme que c’est sa conviction personnelle.
Questions des avocats de la défense :
Sur l’existence d’autres centres de recherche à l’université, le témoin précise qu’il n’y avait pas de centre de recherche politique, uniquement des centres de recherche scientifique. À la question de savoir s’il y avait à BUTARE d’autres médecins formés en URSS, le témoin indique que l’accusé était une exception, la grande majorité des médecins ayant été formés à BUTARE. Maître SZTULMAN le questionne sur l’existence d’une cellule de la CDR à BUTARE, ce à quoi Alphonse KAREMERA répond que la CDR y était insignifiante comparée aux autres partis comme le PSD[10] : “Je ne vois pas pourquoi vous insistez sur ce parti à BUTARE”. Maître SZTULMAN évoque ensuite le cas d’un médecin Tutsi de l’hôpital et demande comment il pouvait circuler librement et passer les barrières. Alphonse KAREMERA répond que les médecins à BUTARE étaient des personnalités très respectées de la société et affirme ne connaître aucun médecin de son groupe qui ait été tué.
(NDR : sur ce médecin Tutsi, un avocat des parties civiles a ensuite précisé qu’il avait été arrêté en 1990 car soupconné d’être complice du FPR, et que celui-ci était en réalité en Belgique durant la période du génocide).
Maître SIARI lui demande de confirmer qu’il n’a pas été témoin d’insultes d’Eugène RWAMUCYO à l’encontre des Tutsi – ce que monsieur KAREMERA, évidemment, confirme. Sur les élections du directeur du CUSP, il confirme également qu’aucun employé n’a été menacé et qu’il n’y a pas eu de menace de la part d’Eugène RWAMUCYO, précisant que c’est lui-même qui avait dirigé ces élections. Maître SIARI l’interroge enfin sur la chronologie : “Au moment où RWAMUCYO lui dépose son rapport sur l’ensevelissement des corps, les massacres avaient-ils déjà eu lieu ? Confirmez-vous les déclarations que vous avez faites en 2013, selon lesquelles ce rapport avait été remis à la fin du mois d’avril ?” Toutefois, le témoin se montre confus et ne répond pas à la question qui lui est posée.
Le témoin a terminé de déposer et l’audience est suspendue à 17h20.
Diffusion d’un extrait du documentaire “KIGALI : des images contre un massacre”, documentaire de Jean-Christophe KLOTZ, 2006.
Observations des avocats des parties civiles :
Maître KARONGOZI souhaite indiquer à la cour que “dans un premier temps, on tue les gens dans l’ambulance. Il alerte les chefs de l’armée et dit qu’ils sont en train de commettre un crime et qu’ils ne seront pas pardonnés (…). Le gouvernement intérimaire va s’installer à GITARAMA à partir du 12 avril. Ils avaient peur de l’image, et c’est comme ça qu’au mois de mai on nettoie les routes de KIGALI car le rapporteur spécial des Nations unis se rend à KIGALI. C’est à ce moment là aussi que l’on parle de la pacification. On nettoie, parce qu’il y a les satellites”.
Maître LAVAL, avocat du CPCR s’exprime : “Comme disait Napoléon, les dessins sont mieux que de grands discours et ce petit extrait est mieux que des mots. L’enfouissement des corps est une question absolument centrale (…) et cette question est une question qui n’a pas cessé de nous hanter depuis très longtemps. Lorsque j’étais avec Alice ZARKA au Rwanda et que nous fouillions les endroits où il y avait les fosses communes, c’est comme si ces atrocités ressortaient de la terre. À plusieurs reprises, monsieur le président, vous avez relevé le fait que l’enfouissement pouvait avoir deux interprétations, dont l’une est induite par Eugène RWAMUCYO. Certains parlent d’une interprétation maléfique, d’une dissimulation. L’attitude prise par le docteur GAILLARD au début qui consiste à dire “vous croyez que nous allons, nous, enfouir des cadavres dont vous êtes responsables de la mort?” Ça, c’est la bonne attitude. Ça veut dire une chose, sur laquelle nous reviendrons durant le procès. Il n’y a pas de bonnes versions de l’enfouissement. L’enfouissement est une partie intégrante, consubstantielle du génocide. L’enfouissement fait partie du génocide. Et donc la seule attitude possible, la seule attitude humaine possible, est l’attitude du refus”.
Observations de l’avocate générale, madame Aude DURET :
Madame Aude DURET commente : “Je trouvais cet extrait du documentaire intéressant dans la mesure où il fait la jonction entre tous les témoins de contextes qu’on a entendus durant les débats et les faits.(…). Dans cet hôpital improvisé de KIGALI, on voit ce journaliste qui fait ce documentaire et qui s’interroge. Et il veut alerter la communauté internationale. Il interroge le sens de son métier, et à ce moment-là on est 3 semaines après le déclenchement des massacres. Et je crois que cette question de l’enfouissement des cadavres devra être analysée en fonction d’une chronologie précise des faits et de ce dont les Nations Unies ont pu penser (…). Ensuite, je souhaiterais juste vous dire que Philippe GAILLARD est médecin comme le docteur RWAMUCYO, bien qu’ils n’aient pas la même spécialité. Mais Philippe GAILLARD, qui était en contact avec le gouvernement intérimaire, on sait qu’il avait des contacts avec Paul KAGAME car à KIGALI il y avait des tirs. Et lui, c’est de dire “quoi ? Vous ? Vous voulez qu’on aille enterrer vos morts ? “ Et il conclut par “c’est une question d’éthique : on n’ira pas enterrer vos morts”. (…) Helene DUMAS[11] a parlé de ce témoignage de Philippe GAILLARD et de la gestion administrative des cadavres. Et c’est le gouvernement intérimaire qui a enfoui ces corps, avec les moyens de l’Etat. Jean KAMBANDA qui dit même: “On va utiliser les prisonniers pour enfouir les corps”. Vous devez retenir le nombre très important de cadavres enfouis : 67 000. C’est d’ailleurs un nombre qu’il a eu du mal à obtenir. 67 000 cadavres pour une ville qui comporte à peu près 200 000 habitants, c’est énorme. Et je crois qu’il faudra, pour les faits de monsieur RWAMUCYO, s’intéresser au nombre de cadavres, et la période à laquelle il a enfoui ces cadavres”.
Observations des avocats de la défense :
Maître SZTULMAN : “Je les rejoins en partie. Philippr GAILLARD refuse de participer à l’ensevelissement des corps en disant “ce sont vos morts, ce sont vos combats et moi je ne le ferai pas”, et l’avocate générale l’a rappelé au nom de l’éthique. L’éthique médicale est un principe millénaire. Eugène RWAMUCYO participe à cette éthique. Comme nous, avocats, on fait un serment, lui, a fait le serment de travailler avec dignité. Et cette éthique fait référence à une clause de conscience. Ici en France, un médecin peut refuser de réaliser un acte médical en invoquant cette clause de conscience (…). Le docteur GAILLARD évoque son éthique en disant qu’il ne veut pas le faire, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire.(…) il ne faut pas laisser la dignité du corps humain pourrir (…). C’est justifié, c’est légal et il a raison d’invoquer sa clause de conscience, mais il dit “je vais vous donner de l’essence”. Cette clause de conscience, le Dr RWAMUCYO, il l’a mise de côté. Parce que c’était son sacerdoce, c’était le corps de son propre métier d’être médecin hygiéniste. (…) Il ne le fait pas dans une vision de dissimulation et en s’asseyant sur son serment d’Hypocrate, mais parce qu’il y a un risque sanitaire”.
Maître SIRIA : “ZACHARIAH[12] nous a indiqué que des milliers de cadavres dans les rues pouvaient avoir un effet psychologique sur les populations et qu’il était nécessaire de faire quelque chose(…). Le côté sanitaire est à retenir. Et une pensée, toujours, pour toutes les victimes.”
Maître HARERIMANA : “Effectivement, quand on voit le dilemme en tout cas dans ce cas précis, il y a un impératif non seulement de dignité du corps, et en tant que Croix-Rouge il a une éthique. Dans ce dilemme, il a quand même fourni l’essence et je pense que s’il était rwandais ou dans un autre service, la question se poserait différemment. Je pense qu’à BUTARE, l’impératif en fonction des besoins des corps avec un médecin chargé de l’hygiène, la question de l’éthique s’est posée”.
Maître COHEN : “C’est simplement une question. Dans ce cas-là, quelle aurait été la bonne solution avec ces milliers de corps qui jonchaient les rues? Qu’est-ce qu’on aurait fait de ces corps?”. (NDR : Peut-être vérifier que tous les corps étaient bien sans vie, avant de les ensevelir dignement, les identifier et marquer les fosses en question.).
Le président indique ensuite qu’il faut trancher le cas de Vincent NTEZIMANA, qui ne s’est pas présenté. Les avocats des parties civiles expriment leurs vifs regrets quant à son absence, d’autant qu’il y a des pièces au débat sur lesquelles il aurait fallu le faire réagir : “Et il aurait pu renseigner sur le climat politique des intellectuels à l’époque”.
L’avocate générale est d’accord pour passer outre, “et ne manquera pas d’évoquer des éléments intéressants”.
Quant à la défense, elle s’en remet à la cour. Il est passé outre à son audition et une plage horaire sera consacrée aux lectures complémentaires. Le président fait ensuite un point sur le planning, et maître COHEN demande à verser au débat un article rédigé en anglais, pour lequel elle souhaite réaliser une traduction non assermentée car “un interprète assermenté va au-delà des capacités financières” de son client.
Maître LAVAL réplique et indique que les parties civiles “n’ont pas l’intention de se quereller par principe comme la défense”. L’avocate générale ne s’y oppose pas et l’audience est suspendue à 18h.
Margaux MUZERELLE
Jeanne BEAUJEAN
Jade KOTTO EKAMBI
Alain GAUTHIER, président du CPCR, pour la relecture
Jacques BIGOT pour la relecture et les notes.
- Voir l’audition de Jean-François DUPAQUIER, le 12 juin 2026.[↑]
- Voir le procès de Sosthène MUNYEMANA[↑]
- UNR : Université nationale du Rwanda[↑]
- CDR : Coalition pour la défense de la République, parti Hutu extrémiste, créé en mars 1992, au moment des massacres de Tutsi dans le Bugesera. La CDR a également une milice, les Impuzamugambi., cf. glossaire[↑]
- Jean KAMBANDA : Premier ministre du GIR (Gouvernement Intérimaire Rwandais) pendant le génocide. Voir Focus – L’État au service du génocide.[↑]
- FPR : Front Patriotique Rwandais[↑]
- « Zone Humanitaire Sûre » visant à empêcher les affrontements entre les Forces armées rwandaises (FAR) du gouvernement génocidaire et le Front patriotique rwandais (FPR) dans le sud-ouest du Rwanda, mise en place par la France en juillet 1994 lors de l’Opération Turquoise, cf. Wikipedia[↑]
- OFPRA : Office français de protection des réfugiés et apatrides[↑]
- ONAPO: Office national de la population[↑]
- PSD : Parti Social Démocrate, créé en juillet 1991. C’est un parti d’opposition surtout implanté dans le Sud, voir glossaire[↑]
- Voir l’audition d’Hélène DUMAS, le 11 juin 2026.[↑]
- Voir l’audition de Rony ZACHARIAH, le 11 juin 2026.[↑]
CPCR – Collectif des parties civiles pour le Rwanda Pour que justice soit faite
